On m’a volé mon vélo.
Bien sûr, c’est si peu comparé au désastre ambiant.
C’est si dérisoire comparé à la connerie monumentale des députés insoumis ou du moins de leurs dirigeants les plus bruyants et les plus affligeants.
Ce n’est rien comparé aux relents d’extrême-droitisation des classes politiques à travers le monde.
C’est insignifiant lorsqu’on sait ce qu’endurent nos otages, oubliés de la bien-pensance internationale.
Mais bon, voilà de quoi attrister encore un peu mon début d’année.
Parce que mon vélo, c’est mon moyen de locomotion quotidien, c’est mon “workout” à roulettes, c’est mon fidèle destrier parisien. Celui qui me permet de vous dégoter de bonnes adresses sans insulter Tante Anne au volant de ma voiture, ou d’écraser mon panettone dans le métro bondé.
Mon vélo, ce sont mes jambes, mon cartable et mon panier à provisions.
Je lui parle parfois, je lui montre à quel point Paris est devenu sale et incivil.
Je lui explique que de ne pas avoir de batterie électrique fait de lui un champion et de moi une téméraire.
Mais ça, c’était avant. Avant qu’un crétin ne me le choure à deux mètres de la très chic Place des Vosges.
Il ne sait pas l’idiot qu’il a volé une Rolls. Ma Rolls
Si j’avais encore mon vélo j’aurais pu vous parler de tous les artisans, les épiceries, les cantines, les bistrots, les expos qu’il me permettait de rejoindre, les cheveux au casque, la goutte au nez et le sac à dos lourd de trouvailles.
Mais un imbécile me l’a piqué. Et il ne sait même pas la chance qu’il a.
Premières adresses de 2024
On a voulu du simple et on a eu du simple, on a voulu du bon et on a eu du bon, on a voulu du sympa et on a eu du sympa.
Sugo, c’est une carte de 5 recettes de pasta bien connues, avec la particularité d’être fraîches et enrobées d’une bonne sauce (Sugo donc).
Coincé entre les ramen et les udon, ce comptoir italien, au décor brut et vraies bougies, dénote.
Cinq sauces et des pâtes faites sur place avec de bons ingrédients made in rital.
Cacio e Pepe, Amatriciana, sauce tomates, Ragu et un vrai Pesto di Genovese “avec des amandes de Sicile pour plus de croquant”.
17€ le plat fumant et roboratif. Une petite caponata baignant dans une très bonne huile d’olive en guise d’apéro et comme on est en dry first week of January, une petite Suze tonic sans alcool (pas mauvais du tout).
Nous étions bien repues.
Deux desserts, c’est tout, mais c’est bien fait. Le tiramisu a séduit J pourtant réfractaire au café, “la crème est quand même très très bonne”. Sourire complice d’Arthur qui a bien peaufiné ses recettes.
Pour info, le mardi c’est carbo et le jeudi lasagnes.
Y retournerais-je ? Yep !
Sugo
16 rue Saint-Augustin 75002 Paris
Fermé dimanche
On part maintenant au Tibet, chez Momola ou là encore le décor a été pensé pour ne pas donner dans le tradi-ringard. Chaises vintages, suspensions industrielles, vieux miroirs, moulures et vins sélectionnés.
Au menu, spécialités de la région de l’Himalaya, à la frontière entre l’Inde et le Népal.
Et si nos palais européens semblent retrouver les plats asiatiques traditionnels comme les dumplings, les momos tibétains s’en éloignent en termes de goût et de texture.
Les autres plats, tempura de légumes, boulettes de boeuf ou de légumes, galettes de blé, soupes et nouilles suivent le chemin des montagnes avec moins de champignons noirs et plus de saveurs.
A accompagner d’un Tingmo, pain brioché au curcuma, cuit à la vapeur, un peu comme un bao.
Paris s’ouvre de plus en plus aux cuisines régionales peu connues, mais en version 2.0.
Depuis quelques années les restos philippins, géorgiens, africains, libanais et sud-américains fleurissent, rajeunis, relookés et twistés d’un peu d’occident.
Une assimilation harmonieuse.
Momola
16 rue Henry Monnier 75009 Paris
Du mardi au samedi
Crème d’amande ou frangipane ?
Si j’avais encore mon vélo, j’aurais parcouru Paris pour attraper les meilleures galettes de chaque quartier.
Mais par manque de temps et d’énergie, et parce que trop de raclette, je me limiterai à de bonnes boulangeries et à quelques écarts.
Brigat (Paris 3), pâte feuilletée caramélisée et crème d’amande.
Bulle boulangerie (Paris 19), classique aussi avec un beau feuilletage et toute poudrée de blanc.
Mie Mie (Paris 11), pour les amandes complètes, la crème pâtissière chocolat et le praliné sarrasin.
Ginko (Paris 19) parce que tout y est délicieux et que les fèves sont canons.
L’Envol de Nina Métayer, frangipane à l’amande et aux graines de sarrasin, lin, millet, courge et graine tournesol, parce que c’est la patronne du monde de la pâtisserie.
Café de la Paix (Paris 9), pour la vanille et le rhum.
Sain boulangerie (Paris 3 et 10), crème d’amandes complètes, feuilletage croustillant et bâtonnets d’amandes. Efficace.
