Délaissé, abandonné

Must see, poissons affinés, glaces, pizzas, pâtes...

It Paris
3 min ⋅ 28/05/2026

C’est un film essentiel et bouleversant. Qui dénonce évidemment le danger de la radicalisation et du terrorisme islamiste, mais qui met surtout le doigt sur nos failles, notre aveuglement et notre malveillance.

Il y a d’abord ce mensonge, impardonnable, qui se maintient alors même que tout l’oppose. Une histoire de grande gueule, d’insolence égocentrique. Et puis, il y a ce père qui offre à ce mensonge une audience communautaire, parce que cela fait écho à ses convictions. Bien sûr, il y a ce prédicateur, connu des services de police, qui ne peut rêver d’une plus belle occasion pour promouvoir ses idées funestes.
Et puis il y a tout le reste : l’inaction, la passivité, la lourdeur administrative, la condamnation, la peur. Cet enchaînement de petits doutes, de remises en cause, de naïveté et d’immobilisme.

On ne pouvait pas trouver meilleur titre que L’Abandon pour raconter les onze jours qui ont précédé la décapitation de Samuel Paty. Parce qu’en discutant son intégrité, en refusant de faire de lui une victime, c’est son humanité et son dévouement qui ont été contestés. Avant d’être assassiné, le professeur l’était déjà par certains de ses collègues, par son administration et par les réseaux sociaux. La justesse tout en mesure du jeu d’Antoine Reinartz le révèle avec sensibilité.
Nombre de parents et d’enfants, de toute confession, sortent du silence pour défendre ce professeur humaniste. Ils sont la fierté et l’espoir de ce drame, révélateur d’une société en manque de repères dans laquelle la violence a remplacé les mots.

Certains ont dénoncer “un récit national anxieux” ou “une accroche de mauvais goût” (Télérama), mais le public ne s’y trompe pas. Aucun discours stigmatisant ne vient troubler un récit mesuré, sans parti pris, qui colle aux faits rien qu’aux faits.
Que ces événements documentés dérangent une certaine bien-pensance, ne les rend pas moins réels. On ne règle pas les problèmes en les occultant. On y fait face avec mesure, intelligence et efficacité.


L’Abandon de Vincent Garenq, avec Antoine Reinartz, Emmanuelle Bercot, et de jeunes acteurs tous formidables.


Poissons d’exception pour prix d’exception

Si vous ne connaissez pas la poissonnerie Viot, il faut y aller pour la qualité inégalable de ses poissons. La précieuse pêche, à la ligne bien sûr, est vidée, nettoyée, et maturée sans glace dans des frigos immaculés où elle est exposée comme une œuvre d’art. Pour compléter son offre de dégustations de poissons crus au comptoir, Arthur Viot vient de s’associer pour ouvrir juste en face, le Petit Vatel, un restaurant chic à l’ambiance épurée où officie le chef Masayoshi Haraguchi, formé notamment chez Dominique Bouchet.
Encore en “rodage”, l’écrin poissonnier affiche déjà bien complet, entre gastronomes avertis (lol) et clientèle japonaise bien renseignée.
Il faut oublier les chiffres pour se concentrer sur la fraicheur et le fondant du poisson : crudo de denti à la salsa verde, tartare d’akami (thon rouge) à la rhubarbe et salsa matcha et hamachi Ehime (sériole) aux fraises.
En plat, truite, daurade ou lieu ikejime sont nacrés à la perfection, fumés au Binchotan, laqués de jus discrets et accompagnés de légumes de saison.
En dessert, le pudding hojicha, copieux, ne déroge pas au plaisir.
La carte change au gré des criées et des affinages. Un juste traitement pour un produit d’exception.

Petit Vatel
5 rue Lobineau 75006 Paris
18h30-23h30 sauf dimanche et lundi - Carte 90€


Qui dit chaleur, dit…

Pastificio…
Ce n’est pas parce qu’on frôle les 35 degrés qu’il faut arrêter de manger de bonnes pâtes. C’est chose faite, du côté de la rue des dames où Antoine, en hommage à ses racines italiennes - Rapallo est une ville côtière de Ligurie - fabrique chaque jour pâtes, raviolis, Arancini, lasagnes, à emporter ou à cuire chez soi. Une Pastificio Rapallo riquiqui par la taille et grande par le talent qu’on est heureux de partager.

Pizza façon Detroit…
Après des études en hospitality et une année de boulot, Blaise rêvait de devenir boulanger, mais c’est la pizza au levain qui a eu raison de son désir d’entreprenariat. M.A.D. (Maker Artisanal Dough), sa Detroit-style pizza est une tuerie. La pâte pourtant épaisse, est légère, alvéolée et croustillante. La garniture est généreuse et bien sourcée. Tout est fait maison, même le service assuré par les bonnes âmes familiales. Un parcours aussi méritant que réussi qui appelle là encore le partage.

Et glaces…
On fonce donc chez Plaq se régaler de deux sorbets minutes de dingue : pistaches de Bronte et chocolat Maya Mountain Pur noir 84%, onctueux en diable… On me glisse à l’oreille qu’il faudrait que je goûte les bâtonnets vanille et sésame noir. RDV pris.

Chez Carrie, Carrie propose une glace tahini-datte-sobacha qui clôture son joli menu déjeuner. Sucrée, moelleuse, addictive, on a hâte de découvrir les prochains goûts.

Pastificio Rapallo
26 rue des Dames 75017 Paris

Mad
36 rue Popincourt 75011 Paris

Plaq
4 rue du Nil 75002 Paris
57 Rue du Cherche-Midi, 75006 Paris

Chez Carrie
14 rue Leopold Bellan 75002 Paris






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It Paris

Par Karine Salomon

- Bonjour, c'est pour un bilan de compétences.
- Parfait. Dîtes m'en un peu plus sur vous.
- J'aime manger, beaucoup. Et j'aime le bon vin.
- Très bien. Et ?
- J'aime beaucoup aller voir des expos et je m'y connais un peu.
- Ah c'est pas mal ça.
- On me dit que j'écris bien et que j'ai pas mal d'humour.
- Bon, ça peut servir.
- J'aime raconter, expliquer, vulgariser, faire saliver. Et rebondir sur l'actualité.
- Très bien. Alors, si je résume, vous êtes une rédactrice, gourmande, férue d'art, avec un talent certain pour le récit et les bons mots. Vous devriez écrire une newsletter.