Kessel

CA-NI-CU-LE

Une news raccourcie pour cause de surchauffe

It Paris
2 min ⋅ 25/06/2026

Sur les 78 mails commerciaux, promotionnels ou culturels reçus ce matin, tous, absolument tous, - de l'assurance auto au nouveau bar à vins - parlent de la CA-NI-CU-LE. Et à l'heure où j'écris ces quelques lignes, je suis effectivement enfermée dans une pièce calfeutrée, une serviette mouillée sous mes pieds, une autre sur la nuque. Le soleil tape sur les stores, qui tapent sur les persiennes, qui tapent sur les rideaux tirés, et j'ai déjà l'immense chance d'avoir trois barrières thermiques pour résister à l'assaut de Phébus qui cogne jusqu'à 22 heures…

Depuis plus de vingt ans, on nous rabâche que l'augmentation hors norme des températures ne devrait faire "qu'empirer dans les années qui viennent", que nous allons connaître des "écarts de températures spectaculaires" avec des hivers plus rudes et des étés brûlants. Et pourtant, dans les hôpitaux, les écoles, les établissements publics, souvent pas de clim… Cette clim, devenue le sujet du moment des candidats à l'élection présidentielle. Chacun y allant de sa solution : les démagos qui promettent d'installer la climatisation partout ; les rêveurs écologistes qui votent pour la végétalisation des façades et des trottoirs ; les utopistes déconnectés qui prônent le congé thermique.

Hier, la ministre de la Transition écologique, dont personne ne connaît ni le nom ni le visage, Monique Barbut, faisait sa première interview radiophonique sur France Inter. Elle essayait vainement de défendre un budget et des actions d'une pauvreté accablante. Il faut dire qu'avec l'inadaptabilité structurelle de nos infrastructures au changement climatique, elle n'est pas gâtée, Monique. Pas plus que la ministre de la Santé, dont personne ne connaît davantage ni le nom ni le visage, Stéphanie Rist, qui assure que "la mobilisation est générale".

Malheureusement, avec une dette publique de 3 536 milliards d'euros, la troisième plus élevée de la zone euro, après la Grèce et l'Italie, il est probable qu'on continue à utiliser les brumisateurs, ventilateurs, bassines… Il paraît qu'il faut mouiller ses chaussettes, les mettre au congélo et les enfiler glacées. Une mesure qui ne devrait pas trop grever le budget.



De A à Z

Quand on en a l'occasion, le musée reste une excellente alternative pour passer un moment à la fraîche. À la Maison Européenne de la Photographie, la climatisation marche très bien - le personnel, attentif, vient le vérifier régulièrement - et l’exposition collective La Photographie en toutes lettres réunit 36 artistes issus de la Collection d'entreprise Neuflize OBC et des collections de la MEP.
Disposé par lettre, sous des dénominations aussi originales que B comme Bourgogne, K comme Kodak, O comme Ovale ou S comme Simulacre, cet accrochage collectif permet de faire un tour complet de l’oeuvre photographique,
de Nicéphore Niépce jusqu'à Malick Sidibé en passant par Robert Mapplethorpe. Le parcours est intelligent, esthétique, exhaustif et souvent drôle, à l'instar de cette pièce de Sophie Calle, Vingt ans après, de 2001, dans laquelle le galeriste Emmanuel Perrotin, qui cherche à la "signer", la fait suivre toute une journée, de façon flagrante, par Duluc détective !


L'exposition n’occupe qu’un étage, on peut donc prolonger la balade climatisée avec les autres expositions monographiques proposées. Moins convaincantes, à mon sens, mais tout aussi frisquettes.

La Photographie en toutes lettres
Maison Européenne de la Photographie
Jusqu’au 13 septembre 2026


La recette

J'avais deux restos épicés dont je voulais vous parler, mais — je ne sais pas pourquoi — j'hésite… On va plutôt partir sur une recette de soupe glacée :

- 200 g de concombre, épépiné et partiellement pelé
- 200 g d'avocat
- 20 cl de bon lait d'amandes
- Le jus d'un citron vert
- Une petite poignée de coriandre — ou pas
- 30 cl d'eau, ou un peu plus selon votre goût
- Sel, poivre, piment d'Espelette ou un petit piment oiseau (attention…)

On mixe, on met au frais, et on déguste parsemée d’un peu de gomasio ou de graines de sésame.

Ce n’est absolument pas la photo de ma soupe, que j’ai oublié d’élégamment photographier, mais ça fera l’affaire. Il fait trop chaud pour s’en offusquer.





=> Mon compte Instagram food It Paris
=> Mon compte Instagram perso A Pen in the Neck




It Paris

Par Karine Salomon

- Bonjour, c'est pour un bilan de compétences.
- Parfait. Dîtes m'en un peu plus sur vous.
- J'aime manger, beaucoup. Et j'aime le bon vin.
- Très bien. Et ?
- J'aime beaucoup aller voir des expos et je m'y connais un peu.
- Ah c'est pas mal ça.
- On me dit que j'écris bien et que j'ai pas mal d'humour.
- Bon, ça peut servir.
- J'aime raconter, expliquer, vulgariser, faire saliver. Et rebondir sur l'actualité.
- Très bien. Alors, si je résume, vous êtes une rédactrice, gourmande, férue d'art, avec un talent certain pour le récit et les bons mots. Vous devriez écrire une newsletter.