Kessel

Mon privilège

Une prise de parole, les lignes de Warhol, et un coup de cœur

It Paris
2 min ⋅ 17/09/2026

Puisqu’il est permis d’avoir des opinions et de les exprimer, je m’accorde ici ce privilège.

Il est salutaire que les agissements d’un gouvernement démocratiquement élu soient discutés, déplorés, voire contestés. Il est heureux que la liberté d’expression et l’indépendance journalistique soient respectées en toutes circonstances. Il est essentiel que des enquêtes indépendantes aient lieu et que leurs conclusions soient publiquement exposées.

Pour autant, il est impératif que les faits soient documentés, vérifiés, recoupés. Que la méthodologie soit rigoureuse, transparente et soumise à la critique. Que les sources, bien que protégées, soient évaluées avec la plus grande exigence. Et il faut surtout accepter de confronter son récit à des regards qui ne lui sont ni acquis, ni complaisants. Car les événements s’examinent, se discutent et s’analysent. Et pas dans le noir.

La réponse à des accusations, quant à elle, doit être factuelle. Il faut examiner les faits, réfuter les affirmations inexactes et déconstruire les raisonnements qui les accompagnent sans invoquer ni patriotisme, ni loyauté, ni déchéance de nationalité. On ne dément pas un récit en menaçant ceux qui le portent.

Les camps resteront à leurs places : ceux qui applaudissent, applaudiront plus fort. Ceux qui contestent, contesteront plus âprement.

Une société blessée, meurtrie, marquée par l’horreur, n’est peut-être pas prête à accepter certaines réalités. À moins qu’on ne lui reconnaisse, à elle aussi, le droit au traumatisme.


Warhol entre les lignes

Dans la géniale exposition du Musée du Luxembourg, on découvre un Warhol croyant, amoureux, engagé, inspiré et ironique. Tout ça en stylo à bille, fusain, gravures et collages.
Car ce sont exclusivement les dessins d’Andy Warhol qui y sont exposés - une pratique que l’artiste n’a cessé d’explorer alors même que ses célèbres portraits pop conquéraient le monde.

Andy Warhol (de son vrai nom Andrew Warhola) est né de parents ruthènes immigrés, et c’est auprès de sa mère Julia, illustratrice, qu’il forge sa fibre artistique. C’est d’ailleurs par les dessins de Julia que débute cet accrochage auquel le papier d’aluminium - en rappel de celui qui recouvrait les murs de la Factory de Warhol - donne une consonance disco futuriste réjouissante.

Les représentations sont multiples, des croquis à la calligraphie, des dessins publicitaires aux autoportraits. Les traits sont délicats et le propos personnel. Warhol y dévoile sa fascination critique pour la société américaine, expose ses amours homosexuels et le souvenir de sa foi orthodoxe.

Si certains dessins sont des études préparatoires, dont la série sur Marilyn Monroe, la plupart ont une existence propre, colorée et intime, révélant l’homme derrière l’icône.


Andy Warhol - La ligne et l’image
Musée du Luxembourg jusqu’au 10 janvier 2027


Un Crocus à croquer

Première régalade de la rentrée, ce Crocus nous a réjouis.
Le CV du chef, Louis Chaulet, formé au Divellec et auprès de Jason Gouzy chez Pantagruel, donne un bon aperçu de sa maîtrise, notamment des produits de la mer. Et c’est parfaitement le cas avec cette seiche à la putanesca dans son bouillon d’encre, et ce maigre à l’huile de laurier au bouillon safrané.

Au-delà de la parfaite exécution, c’est bourré de saveurs, original sans être excentrique.
Je précise que la rouille qui accompagne le maigre est sans ail, délicate, “umami” comme on aime le dire aujourd’hui pour décrire une saveur équilibrée et exquise.

L’entrée autour du maïs et de la moule fumée est complexe et gourmande.
Et les deux desserts, figue halva, granité vin rouge et financier noisette, crème montée caramel sont rapidement engloutis et totalement validés. Tout cela a été accompagné… de rhum, bouteilles originales dégottées par un copain de Louis. Un accord épicé réjouissant.

On le dit souvent, mais “qu’est ce qu’on aimerait avoir ce genre de bistrot en bas de chez nous…”.
Bon là, ce n’est clairement pas le cas, mais on traversera Paris sans aucune difficulté pour retourner croquer du Crocus.


Crocus
20 rue Orfila 75020 Paris (attention, il y a un autre Crocus dans le 14e)
Fermé dimanche
Menus dej 21,90€ / 24,90€ - Carte 45-50€



Ardi Editions à découvrir jusqu’à samedi à la Galerie Anne Julien - 14 rue de Seine 75006 Paris



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It Paris

Par Karine Salomon

- Bonjour, c'est pour un bilan de compétences.
- Parfait. Dîtes m'en un peu plus sur vous.
- J'aime manger, beaucoup. Et j'aime le bon vin.
- Très bien. Et ?
- J'aime beaucoup aller voir des expos et je m'y connais un peu.
- Ah c'est pas mal ça.
- On me dit que j'écris bien et que j'ai pas mal d'humour.
- Bon, ça peut servir.
- J'aime raconter, expliquer, vulgariser, faire saliver. Et rebondir sur l'actualité.
- Très bien. Alors, si je résume, vous êtes une rédactrice, gourmande, férue d'art, avec un talent certain pour le récit et les bons mots. Vous devriez écrire une newsletter.