Kessel

Atterir en douceur

Vœu de rentrée, des retrouvailles et un pain salé

It Paris
2 min ⋅ 03/09/2026

Cette news de rentrée est écrite dans les brumes d’un rhume carabiné, la tête dans un étau, et la gorge en feu. Welcome back à vous aussi…


Alors que mon téléphone débordait d’huile d’olive et de poissons grillés sur tables bleues, moi j’étais… dans les Alpes suisses. Deux bonnes semaines de verdure, de lacs, de degrés acceptables et de tranquillité. Deux semaines de politesse, de propreté et de nature. Deux semaines de démocratie semi-directe, d’autonomie cantonale et de régionalisme consensuel.
La Suisse, ce petit pays aux quatre langues officielles, à la diversité étonnante et au chauvinisme assumé. Un pays où l’on cultive la discrétion et l’esprit montagnard.
Une déconnexion nécessaire pour faire face à une rentrée qui s’annonce… “passionnément anti…”

Raphaël, Édouard, Marine, Olivier, Jean-Luc, Bruno, Ségolène, Gabriel, Xavier, Jérôme, Eric : ils sont déjà près de vingt à briguer ale poste de délégué.e de classe. Prêts au combat, ils se toisent et affutent leurs arguments. Ça commence déjà à aboyer. Les petites phrases qui feront la campagne sont lancées. On parle d’interdiction du voile, de millionnaires nuisibles, d’abandon de la dette. On promet réformes et renouveau. La France est un grand pays, le potentiel est là, il suffirait de savoir le cueillir.
Quarante ans d’aveuglement et de gouvernance timorée, mais tout devrait enfin changer : plus de pouvoir d’achat, moins de violence, plus de services publics, moins de dépenses….

Sur les bancs de la classe, on hoche la tête, dubitatifs et résignés.
C’est pourtant bien là ou tout se joue : à l’école, où l’on apprend à composer entre conscience personnelle et intérêt collectif.
Les futurs délégués feraient mieux de s’en souvenir.

Pour avoir quelques infos sur mon voyage helvétique.


Le bistrot qui porte bien son nom

Ca s’appelle Retrouvailles, c’est rue Cardinet, juste en face de Rooster du chef Frédéric Duca qui régale le quartier depuis déjà pas mal d’années. Retrouvailles porte bien son nom : un joli bistrot, sans esbroufe, où il fait bon se retrouver, papoter et bien manger. Une carte lisible, aux accents bistrotiers, qui met en avant les produits de saison.
Le nom de la réservation est sympathiquement inscrit sur une bouteille vide, le vitello tonnato est parfait, le crudo de thon aux fraises, délicieusement rafraîchissant.
Les assiettes sont soignées et généreuses, avec quelques bonnes idées : une sucrine braisée en accompagnement, un poulpe tendre et bien rôti, un tarama particulièrement savoureux. Et une belle cuillère de mousse au chocolat — lait et noir, pointe de sel, of course — pour finir.
Depuis nos retrouvailles fin juillet, la carte a déjà évolué : rouget barbet aïoli, filet aux poivres (avec un S), crudo de daurade Ikejime maturée — suffisamment rare pour le préciser. Les abricots ont laissé la place aux figues de Solliès.
C’est bon, bien fait, charmant, et créatif juste ce qu’il faut. Un parfait endroit où revenir régulièrement.


Retrouvailles
132 rue Cardinet 75017 Paris
Fermé dimanche - Carte 55-60€


Pain salé

Le salted bread, c’est la nouvelle trend nippo-corréenne : un petit pain brioché salé, enroulé et cuit autour d’une généreuse barrette de beurre qui lui confère du moelleux, du croustillant et un bon goût beurré.
Derrière le déjà culte Salted Boy, il y a Maxime Gaffory et Stéphane Ung, déjà connus du milieu food parisien, et surtout Anthony Nguyen - Antho pour les intimes - qui n’est rien de moins qu’un des meilleurs touriers de Paris.
Alors, me direz-vous, qu’est-ce qu’un tourier ? C’est le spécialiste des pâtes : celles des viennoiseries, des tartes, des gâteaux et des préparations salées. Et surtout de la pâte feuilletée, la rolls du tourage.
Antho est parti en Corée pour tester une flopée de salted bread avant de trouver LA recette. Il utilise du levain et un chouia de levure, un beurre de qualité, pour obtenir une croute fine, presque frite, un intérieur moelleux et filant, et un goût salé présent sans être agressif.
A tremper dans une crème au pandan - autre trend de l’été, le pandan est une plante tropicale aux notes subtiles de vanille, d’amande et de coco -, dans du cream cheese ou à choisir au chocolat pour un shoot de gourmandise.
Attention ! Addiction assurée et doigts glissants.


Salted Boy
4 rue Réaumur 75003 Paris
Du mardi au dimanche 09h-18h - pain à 3,50€ (10€ les trois)


Tout plein d’expos arrivent
Les musées se préparent - et moi aussi.
On citera dans le désordre Warhol, Irving Penn, Wolfgang Tillmans, Prune Nourry, Cézanne, Kerry James Marshall, Man Ray, Louise Lawler…




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It Paris

Par Karine Salomon

- Bonjour, c'est pour un bilan de compétences.
- Parfait. Dîtes m'en un peu plus sur vous.
- J'aime manger, beaucoup. Et j'aime le bon vin.
- Très bien. Et ?
- J'aime beaucoup aller voir des expos et je m'y connais un peu.
- Ah c'est pas mal ça.
- On me dit que j'écris bien et que j'ai pas mal d'humour.
- Bon, ça peut servir.
- J'aime raconter, expliquer, vulgariser, faire saliver. Et rebondir sur l'actualité.
- Très bien. Alors, si je résume, vous êtes une rédactrice, gourmande, férue d'art, avec un talent certain pour le récit et les bons mots. Vous devriez écrire une newsletter.