Au bénéfice du doute

Une actu glaçante, deux expos géniales, et un champagne singulier

It Paris
4 min ⋅ 11/06/2026

C’est un film qui m’avait empêchée de dormir pendant de longues nuits : Mystic River de Clint Eastwood.

Je me souviens avoir dit à mes enfants, encore petits, qu’il ne fallait croire personne, ne jamais rester seul(e) avec un adulte dans une pièce à part, et surtout ne jamais monter dans une voiture, fût-ce avec un policier, un pompier, un infirmier, un professeur, un religieux, un moniteur de colo, un ami de la famille… Je n’avais pas réalisé qu’il fallait aussi se méfier des pères des petits camarades, et éviter les pyjamas-parties.

Les faits de pédocriminalité, viols, agressions, gestes déplacés, semblent si fréquents que l’on se dit parfois que les victimes sont la norme et les épargnés, l’exception.

Signalements ignorés, plaintes négligées, paroles contestées, c’est tout un système qu’il faut revoir, car les affaires récentes démontrent une faillite de l’État dans son rôle le plus fondamental : celui de protéger les enfants dans – et autour – des lieux de service public. S’il est impossible de s’immiscer dans le secret des alcôves familiales, parfois abject, il faut a minima obtenir qu’au sein des commissariats et des tribunaux, le boulot soit fait. Et que les dossiers qui concernent les enfants soient identifiés et traités en priorité absolue.

Contrairement à ce qu’a dit Emmanuel Macron, il s’agit bien d’un problème de moyens. Mais pas que. C’est aussi une histoire de lenteur, d’inertie, de surcharge de travail. Allez savoir, peut-être même de scepticisme. Des petits accrocs qui font péter la chaîne.

Dans une société qui reste marquée par l’autorité parentale, le doute doit profiter à l’enfant. Dans toutes les circonstances et sans réserve. La moindre suspicion, le moindre avertissement doit entraîner des mesures immédiates, car il vaut mieux soupçonner un adulte à tort, qu’ignorer un enfant à raison.



D’un bout à l’autre du Palais

Comme chaque été, le Grand Palais propose un programme intense de danse, concerts, DJ sets et expositions.

Il ne faut pas rater celle de l’artiste suédoise Hilma af Klint, pionnière de l’abstraction et du symbolisme. Car, bien avant les Kandinsky, Mondrian ou Malevitch, c’est bien Hilma qui, dans le plus grand secret et sous la conduite des esprits, a osé une représentation spirituelle et ésotérique du réel, préfigurant l’avènement des avant-gardes au tout début du XXe siècle.

Hilma af Klint a longtemps dissimulé cette œuvre psychédélique, réalisant officiellement des tableaux figuratifs plus adaptés à son époque. Dans ses dernières volontés, cette artiste singulière avait formulé le souhait que son œuvre ne soit dévoilée que vingt ans après sa mort. C’est donc en 1986, à Los Angeles, que son travail a été révélé au grand public, propulsant l’artiste au statut d’icône mystique.

Adepte de théosophie* et de spiritisme, elle a réalisé des peintures aux couleurs mates et lumineuses qui fourmillent de symboles cosmiques et spirituels et aspirent à élever l’âme humaine au-delà du chaos.

Hippie soixante ans avant l’heure, c’est après une séance occulte particulièrement prolifique qu’Hilma se voit « commander par un guide spirituel » une œuvre monumentale de « dix tableaux d’une beauté paradisiaque », censés illustrer les émotions de la vie humaine, chacune étant associée à une couleur.

Cette sublime série – peinte à la tempera à l’œuf, technique utilisée à la Renaissance – est sans doute l’une des plus belles réalisées par une femme artiste.

Issue des « Peintures du Temple », ensemble comprenant douze séries et 193 tableaux réalisés entre 1906 et 1915, elle ne constitue qu’une toute petite partie de l’œuvre vertigineuse de cette artiste mystique, secrète, queer, d’une modernité et d’une liberté folles.

Hilkma of Klint : Les Peintures du temple (1906-1915)
Grand Palais jusqu’au 30 août 2026


Spect-acteurs

On ne vous montre qu’une image de l’exposition de l’artiste argentin Leandro Erlich, car cela gâcherait la surprise.
Challengeant notre perception, les œuvres monumentales d’Erlich font sourire les (grands) enfants, et ça fait du bien. Une exposition à vivre plutôt qu’à regarder, où l’on devient “« spect-acteur » plutôt que simple visiteur : on joue avec l’inversion des perspectives, en hésitant parfois, tant nous nous éloignons de nos certitudes visuelles.
« Ce qui m’intéresse, c’est de produire un trouble dans notre regard », aime à dire Leandro. Eh bien, c’est réussi !

Leandro Erlich
Grand Palais jusqu’au 6 septembre 2026


Communication rémunérée

Savoir (re)faire, Savoir (re)penser

La Maison Ruinart, fondée en 1729, est la plus ancienne Maison de Champagne. Passée maître dans l’art de révéler l’élégance et la fraîcheur du chardonnay, son cépage emblématique, la Maison questionne et (re)pense aujourd’hui son savoir-faire face aux évolutions du climat.

Entre héritage et modernité, Ruinart se (ré)invente et crée des cuvées singulières, fruits des variations climatiques subies par la vigne. Loin de les ignorer, la Maison choisit de s’en inspirer, mettant en valeur l’expression de chardonnays bousculés par les fortes chaleurs. Ainsi est née la cuvée Ruinart Blanc Singulier, dans lesquelles s’exprime un nouveau répertoire d’arômes, d’intensité et de profondeur : des notes de fruits juteux, d’herbes aromatiques, d’épices et de fumé, dont la longueur en bouche évoque l’umami, ce sixième goût charnu et savoureux.

Pour révéler sa cuvée Ruinart Blanc Singulier Édition 20, la Maison Ruinart réunit douze tables gastronomiques dont la cuisine engagée s’attache à mettre en valeur et à respecter la nature, les saisons et les territoires. Autour de la cheffe Nadia Sammut, pionnière d’une gastronomie sans gluten, chefs, cheffes et sommeliers exploreront les accords afin de créer bouchées, plats et menus en harmonie avec la fraîcheur et l’amplitude de ce Blanc de Blancs brut nature.

Les 26, 27 et 28 juin 2026, ces Tables Singulières, du nord au sud de la France, permettront de découvrir en avant-première cette cuvée Ruinart Blanc Singulier Édition 20. Un accord mets-champagne unique, reflet d’une nouvelle manière de (re)penser la cuisine et la vigne : plus lente, plus attentive, plus humble, plus respectueuse.

Réservez votre Table Singulière
26-27-28 juin 2026

©Caroline Dutrey ©Joseph Jabbour

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.






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It Paris

Par Karine Salomon

- Bonjour, c'est pour un bilan de compétences.
- Parfait. Dîtes m'en un peu plus sur vous.
- J'aime manger, beaucoup. Et j'aime le bon vin.
- Très bien. Et ?
- J'aime beaucoup aller voir des expos et je m'y connais un peu.
- Ah c'est pas mal ça.
- On me dit que j'écris bien et que j'ai pas mal d'humour.
- Bon, ça peut servir.
- J'aime raconter, expliquer, vulgariser, faire saliver. Et rebondir sur l'actualité.
- Très bien. Alors, si je résume, vous êtes une rédactrice, gourmande, férue d'art, avec un talent certain pour le récit et les bons mots. Vous devriez écrire une newsletter.