Battage médiatique, sculpteur de vent, cuisine méditerranéenne.
Quel rapport y a-t-il entre les accusations de viol et d’agressions sexuelles contre Patrick Bruel et la bataille qui oppose Canal Plus et les signataires du collectif “Zapper Boloré” ? Rien, si ce n’est le battage médiatique, les arguments incontestables, et la violence des propos.
Si on s’inquiète, peut-être de façon prématurée mais légitime, d’un dérapage à droite de Canal Plus, entité du groupe Bolloré, comment ne pas être troublé par le glissement très à gauche, et revendiqué, des médias de Pigasse ? On critique les positions de CNews, c’est entendable, mais s’intéresse-t-on à ce qu’on lit dans Le Monde, les Inrocks, ou – bien pire – ce qu’on entend sur Radio Nova ?
Il y a toujours eu des médias de droite et de gauche. Lorsqu’on lit Le Figaro ou Le Point, on sait où on se situe, si c’est Libé ou Médiapart, on le sait aussi. C’est assumé et ce n’est pas choquant. Mais croire qu’aujourd’hui le traitement de l’information est factuel est un leurre, une blague. Les journalistes, expriment des idées, filtrent, exposent et commentent l’actualité à leur façon. Là encore, pas de souci, à nous de décider où nous mettons nos yeux et nos oreilles. C’est plus problématique lorsque des médias de grande écoute, de référence, deviennent des médias militants, qui prennent parti au sens propre du terme.
Lorsque les signataires de la tribune s’inquiètent d’une « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif », ils prennent parti et lorsque Maxime Saada leur répond, il leur donne malheureusement raison. Lorsqu’on pose la question à Gilles Lellouche de savoir si “la France insoumise est le meilleur rempart à l’extrême droite”, on prend parti. Et lorsqu’on passe son temps à parler “remplacement et immigration”, on prend aussi parti.
Il faut surveiller, et le cas échéant condamner, les dérives militantes de nos médias, à droite comme à gauche. Il n’y a pas un extrême meilleur qu’un autre. On ne lutte pas contre le RN en encourageant LFI. On ne vote pas pour un salaud pour barrer la route à un autre salaud.
Quant à Patrick, laissons la justice enquêter, écouter, confronter, en sachant que la parole des femmes ne doit jamais être mise en doute. Ni celle des enfants d’ailleurs. Faisons-leur crédit, toujours.
Mieux vaut aller trop loin que nulle part.
C’est encore une exposition à rallonge que nous propose la FLV, et elle s’attaque cette fois au maître du mouvement lent, Alexander Calder.
Né en 1898 en Pennsylvanie, Calder est le fils d’une peintre et d’un sculpteur. C’est donc tout naturellement qu’avant ses dix ans, le petit Alexander fabrique déjà poupées et bijoux de pacotille. En 1926, il s’installe dans un Paris bouillonnant et, passionné par l’univers du cirque, crée un ensemble de 200 personnages animés en fils de fer, bouts de chiffons et morceaux de bois. Le Cirque Calder fait sensation et Alexander intègre le cercle des artistes avant-gardistes, dont il réalise d’attachants portraits en 3D, toujours en fil de fer.
Mais c’est en octobre 1930, alors qu’il visite l’atelier de Mondrian, qu’il a la révélation de l’abstraction ; il peint, puis se tourne très vite vers la sculpture. Quelques fils de fer, des écailles de tôle, un mouvement aléatoire : les mobiles de Calder sont nés. Il en imaginera des grimpants, des tournants, des astrologiques, des muraux, des petits et des immenses, avec toujours la volonté qu’ils occupent l’espace et tournent au gré du vent, lentement.
Fuyant le fascisme, Calder retourne en 1933 aux États-Unis, mais garde un lien étroit avec le Vieux Continent et la France tout particulièrement ; il y installera un grand atelier après la guerre. Calder se lance alors dans la réalisation de standing mobiles, les stabiles, sculptures d’acier aux formes animalières, aux ancrages fins dépourvus de socle, dont les plus monumentales sont commandées et exposées par des institutions ou des collectivités.
Calder est sans aucun doute le plus grand artiste de l’art en mouvement ; il aura dompté la force du souffle et influencé nombre de sculpteurs contemporains. En admirant les deux stabiles installés sur la pelouse verdoyante du Jardin d’Acclimatation derrière le musée, on se dit que ça a quand même une sacrée gueule.
Calder. Rêver en équilibre
Fondation Louis Vuitton jusqu’au 16 août 2026
Il y a d’abord eu son restaurant éponyme, Omar Dhiab, où il a obtenu son étoile, et puis Omar a ouvert Elbi (« cœur » en arabe) juste pour créer « son restaurant préféré ». Dans l’assiette, on retrouve une cuisine d’inspiration méditerranéenne avec de jolis twists qui égayent le savoir-faire à la française. Chez Elbi, c’est Nelson Vallée qui interprète les aspirations du chef en poussant le curseur et en osant des associations surprenantes.
On a adoré les asperges grillées au condiment abricot-piment, aux dattes et au bacon d’agneau, les poireaux vinaigrette au dukkah (mélange originaire d’Égypte à base de noisettes, graines de sésame et épices), les ravioles de petits pois, halloumi, réglisse et citron confit.
En plat, je me régale d’un lieu jaune au ragoût de pois chiches. Mes acolytes prennent un poulpe à la bisque safranée et un magret de canard d’une tendreté incroyable à la sauce corète, entre épinard et oseille.
Je vous passe le sorbet fraise aux olives Taggiasche, et la glace pistache au praliné graines de coriandre…
Le restaurant vient d’ouvrir au déjeuner et le menu à 29 € change chaque semaine. Il s’accompagne d’une carte réduite avec quelques-uns des plats emblématiques que l’on retrouve le soir. Dîner où les plats ne sont pas rangés par étape mais par mode de cuisson (frit, mijoté, grillé, rôti). Pour celles et ceux qui aiment l’épaule d’agneau, on m’a glissé à l’oreille qu’elle était mémorable et qu’il fallait ensuite vite aller se coucher.
Pains traditionnels, frikeh, oignons frits et févettes clôturent ce voyage entre Paname, Le Caire et La Marsa.
La déco a été confiée au cabinet Mur.Mur, connu pour ses établissements full inox. Un choix osé, et peut-être un peu froid pour une cuisine toute en chaleur.
Elbi
54 rue de Paradis 75010 Paris
Ouvert 7/7 - Menu midi 29€ - carte 50€
Petite recette express de sorbet fraises - à réaliser exclusivement avec une turbine.
150g de Prosecco
800g de bonnes fraises équeutées
170g de sucre blond
Le jus d’½ citron
Pour moi quelques roses séchées, mais ça peut-être un peu de poivre long ou du piment d’Espelette, de la vanille ou rien.
Faire chauffer le Prosecco avec le sucre, le jus de citron et le “petit truc en plus”.
Mixer avec les fraises, filtrer le coulis, et le laisser refroidir au congélo ou au frigo.
Turbiner et déguster sur le champ (le sorbet est aussi bon le lendemain, mais il durcit et prend la consistance d’un granité).
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