Si nous avions gagné, pendant un petit moment, nous aurions oublié la canicule, les feux de forêt, les pourvois en cassation et le bruit des chars.
Si nous avions gagné, pendant un temps trop court, des personnalités de tous bords, de tous âges, de toutes origines, auraient communié dans un esprit de concorde que seul le sport peut susciter.
Si nous avions gagné, l’espace d’un instant, la magie l’aurait emporté sur la réalité, la fierté sur les doléances, l’enthousiasme sur la lassitude.
Si nous avions gagné, les terrasses se seraient remplies, les mines éclaircies, la bienveillance joyeuse répandue.
Mais voilà, l’équipe de France aura été trop frileuse, trop timorée ou trop présomptueuse. Dès les premières minutes, le regard du sélectionneur s’est éteint. Espoirs contrariés, illusions perdues, ses joueurs - pourtant prodigieux - n’étaient pas au rendez-vous. Favori n’est pas une place aisée, il est souvent plus facile de prouver que d’assurer.
Reste à choisir entre le ressentiment et la combativité. Entre les blâmes et les explications.
Ardeur et remise en question font plus que plainte ni que regret.
Cette newsletter clôt une année riche en coups de gueule, en régalades et en contemplations.
Merci de votre fidélité, de votre assiduité et de votre constance. Les opinions que j’y exprime sont les miennes : mes engagements, mes dadas et mes péchés mignons. Mais c’est aussi un peu la vôtre et, à ce titre, vous pouvez me faire part de vos remarques, vos suggestions, vos exigences.
Passez un bel été. Décrochez, ressourcez-vous, soyez curieux et volontaires, la rentrée qui nous attend sera follement intense. Passionnante, grave, et sans aucun doute exigeante.
Douceur angevine
La France est un pays de râleurs, d’une diversité extraordinaire, et la magnifique région des Ducs d’Anjou n’y fait pas exception.
Au Petit Serrant, jolie maison d’hôtes qui surplombe la confluence de la Maine et de la Loire, il fait bon traîner à la fraîcheur des grands arbres dont certains ont vu passer la Révolution. Et c’est d’ailleurs l’une des particularités de ce rivage, l’incroyable conservation d’arbres centenaires, chênes, platanes et surtout séquoias qui s’élèvent, majestueux, à plusieurs dizaines de mètres au-dessus de nos têtes brûlantes.
Ici, pas de télévision dans les chambres, décorées à l’ancienne, pas de réception, ni mini-bar, on séjourne presque comme chez soi, en partageant la toute récente piscine avec les anciens occupants du lieu.
Au dîner, chez Lueurs, place à la cuisine délicate de Romain Zarazaga, récemment auréolé d’une étoile largement méritée. Un menu Clair Obscur sans fioriture ou chaque produit - coques, langoustines de casier, merlu de ligne, artichaut, sandre de Loire et agneau des Prés Salés, se sublime de jus denses, de bouillons clairs, ou de sauces suaves. Aucun accompagnement pour troubler cet accord mets-liquide, subtil, acidulé ou corsé. Les sucs se terminent à la cuillère, trempée directement dans les saucières, laissées sur table. Même les desserts n’échappent pas à la règle de la nage, à l’instar de cet abricot, cacahuètes au thé jaune.
Angers n’est qu’à 1h30 de Paris en train, Lueurs à vingt minutes de la gare, le menu en neuf étapes est (encore) à 130 euros. On aurait tort de se priver de cette escapade gourmande, aussi confidentielle que gracieuse.
Le Petit Serrant - à Bouchemaine
Lueurs - chef Romain Zarazaga
Ouvert lun, mar, jeu, ven - déjeuners 5 étapes (80€) / dîners 6 ou 9 éptapes (100-130€)
A quelques kilomètres de là, le village classé de Savennières, réputé pour ses deux restos estampillés Fooding, mais surtout pour son appellation vinicole. Nous avons déjeuné au Chenin, et malgré la chaleur étouffante, le menu a tenu ses promesses.
Il fait bon parcourir les caves rafraîchies de ce cépage reconnu, et s’il fallait n’en choisir qu’une, nous vous conseillons de passer un moment avec la chaleureuse Tessa Laroche, et de goûter son Domaine aux Moines tendu et ciselé.
S’attabler à la Pointe, ancien village de mariniers de Loire, admirer les maisons bourgeoises des bords de l’eau, se balader sur l’ile de Behuard et boire une bière à la ginguette de Caparica, visiter le Château de Serrant et s’émerveiller de la modernité du Duc de la Trémoille,… la douceur angevine vous gagne aisément.
Musées d’été
N’oubliez pas que nos musées sont magnifiques, et qu’il y fait très bon.
A la Fondation Vuitton
Calder jusqu’au 16 août 2026
Au Grand Palais
Hilma af Klint jusqu’au 30 aout
Leandro Erlich jusqu’au 6 septembre
Au MAM
Lee Miller jusqu’au 2 aout
Au Musée de la Chasse et de la Nature
Annette Messager jusqu’au 20 septembre
A la MEP
Photographie en toutes lettres jusqu’au 13 septembre
Au Jeu de Paume
Fragile Beauté jusqu’au 27 septembre
Madeleine de Sinéty jusqu’au 27 septembre
Ciao ! Pour nous ce sera les montagnes suisses.
Si vous voulez admirer les cimes et les meringues à la crème triple, c’est par ici
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