Décrite par Alexis de Tocqueville au XIXe siècle, alors qu’il séjourne aux États-Unis et analyse la jeune démocratie américaine, la « tyrannie de la majorité » désigne un mécanisme par lequel l’opinion du plus grand nombre finit par s’imposer aux autres, jusqu’à étouffer toute forme de dissidence.
Une faiblesse que la démocratie peut entraîner malgré elle : la pression de l’opinion majoritaire réduisant au silence les voix minoritaires, qui ne sont plus considérées, voire décriées ou mises sous silence.
Lorsqu’une rédaction menace de faire grève en réaction à l’arrivée d’un journaliste aux opinions différentes — certainement discutables — plutôt que de combattre ses idées dans le cadre de débats constructifs…
Lorsque, lors d’une manifestation citoyenne, un candidat de gauche se fait chahuter au prétexte qu’il ne serait justement “pas de gauche”, qu’il ferait “honte à la gauche”, et devrait se retirer…
Lorsqu’un champion de natation se prend une nuée d’insultes pour avoir simplement dit qu’il souhaitait rester discret sur les enjeux de la future élection présidentielle…
Lorsqu’on demande quasi systématiquement aux Français(es) de confession juive de s’exprimer, au seul motif de leur religion ou de leurs origines, sur un conflit dont ils ne sont ni les porte-parole ni les protagonistes…
L’opinion supposée faire consensus s’impose.
Un “état social” comme le décrivait Tocqueville, qui ne peut être maîtrisé que par l’équilibre des pouvoirs, l’éducation et surtout la pluralité et la liberté de la presse, “seule compensation de la démocratie”.
C’est bien la diversité des opinions, fût-elle dérangeante, qui fait l’essence même d’une démocratie.
C’est dans les vieux moules…
Elie Fazel et Samuel Perhirin sont deux jeunes designers, et pourtant, c’est le design insolent et irrévérencieux des années 90 qui les a séduits. En décidant de reprendre Ardi, ancienne maison d’édition d’objets en aluminium, ils n’ont pas fait un choix passéiste, bien au contraire. Leur ambition est de créer un pont entre la jeune création d’hier et celle d’aujourd’hui.
Car dans les tiroirs d’Ardi dorment encore des pièces à réveiller, mais aussi de nombreux projets de collaboration avec des designers contemporains. Des créateurs attirés par cet esprit libre et “un peu punk” d’une époque où le design s’affranchissait des codes de l’utile pour prendre pleinement sa place dans nos intérieurs.
Du 16 au 19 septembre, Ardi s’installe à la galerie Anne-Julien, au 14 rue de Seine à Paris. Un petit espace discret qui a passionnément accompagné et soutenu les œuvres de Jean Cocteau. Une continuité évidente pour Samuel et Elie qui présenteront sept objets conçus par des designers devenus depuis célèbres : Kristian Gavoille, Ronan Bouroullec, Éric Jourdan et Pucci de Rossi.
Coulées, moulées, façonnées à la main dans les Yvelines, ces pièces racontent à leur manière la liberté créative d’une époque : des objets qui assument leur présence, leur caractère et leur part d’impertinence.
« J'ai été heureux que l'esprit innovant et libre qui nous habitait alors séduise de jeunes créateurs contemporains. Dans nos sociétés si normées, si uniformes, il est bon que le vintage revienne sur le devant de la scène et avec lui ses objets décalés. » Conversation avec Kristian Gavoille, architecte, designer, ancien directeur artistique d’Ardi.
Refonte
Galerie Anne Julien - 14 rue de Seine 75006 Paris
Du 16 au 19 septembre 2026
ardi.editions
Délices cantonais
A force d’arpenter les quartiers gourmands de l’est parisien, j’en oublie de regarder juste derrière les roues de mon vélo. Je ne m’étais donc jamais arrêtée chez Feel Ling de la cheffe Sophie Ya, d’origine cantonaise, qui pratique parfaitement la technique du Wok Hei, littéralement le souffle du feu.
Non contente de régaler les affamés du bureau et les égarés, dans sa cantine rue Lauriston, elle a repris il y a quelques mois, une teinturerie rue Freycinet pour la transformer en établissement monochrome, couleur feu. Et, si ce n’était pour la clientèle plutôt bien coiffée, à tendance gris perle, on pourrait se croire dans un repaire du 11e.
Des plats classiques, auxquels la cuisson au feu confère chaleur et fumet très réussis. Et surtout des vapeurs et des baos faits maison.
Cheung Fun aux crevettes (rouleaux croustillants enveloppés d’une pâte de riz vapeur), Sui Mai (bouchées vapeur au poulet et shiitake), incontournables Ha Gao aux crevettes, Bao doré au poulet et gingembre, lo Ba Gao (gâteau de radis daikon grillés)…
En dessert, coup de cœur pour le bao sucré à la crème pâtissière.
Et puis si on manque de vestes Carhartt et de petits foulards vintage, on pourra toujours venir avec.
Feel Ling la Table
26 rue Freycinet 75016 Paris
Fermé dimanche et lundi - carte 45-50€
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=> Mon compte Instagram perso A Pen in the Neck
