Kessel

V Day

Le jour où on a sauvé l'Europe

It Paris
3 min ⋅ 07/06/2024

Alors que nous fêtons avec une émotion justifiée les 80 ans du D-Day et qu’il ne reste que quelques belles âmes pour nous rappeler que quelques-uns se sont sacrifiés pour de nombreux autres.

Alors que la Russie manque à l’appel et dépose des cercueils menaçants sous la Tour Eiffel.
Et que Zelenski en pull kaki assiste aux cérémonies de commémoration.

Alors que jamais les haines ne se sont exprimées avec autant d’impudence et d’impunité.

Nous sommes à la veille d’un vote européen, sans doute le plus important depuis ce jour où des milliers de combattants ont débarqué sur nos côtes normandes.

Je vous entends presque, et je vous imagine les yeux levés au ciel, “ça y est, elle va nous refaire sa tirade sur les élections de dimanche…”.
Et bien au risque de me répéter - et avec la suffisance de penser que je peux avoir quelque influence sur la conscience citoyenne de mes lecteurs -, oui, il faut aller voter pour défendre les valeurs fondamentales de l’Europe (ou ce qu’il en reste), la démocratie, la liberté, l’égalité, la dignité humaine et les droits de l’Homme.

Et au risque de passer pour une vieille chouette pédante, je rappelle que dimanche, il ne s’agit pas d’une élection française, que nous ne votons ni pour ou contre Macron, ni pour ou contre Le Pen.
Nous élisons les députés du Parlement européen, seule institution à représenter directement les citoyens des 27 pays qui la composent.
Et comme nous l’avions précisé dans une précédente newsletter, les 720 députés qui siègent au Parlement ne portent pas les étiquettes LR, Renaissance, RN, PS ou Reconquête, ils sont réunis au sein de coalitions aux orientations politiques relativement similaires, mais dans lesquelles l’indépendance de vote est relativement préservée.
Si vous votez pour Bellamy (par exemple), vous grossissez les bancs du PPE, parti de droite conservatrice, (25% des eurodéputés), ou pour Haier (autre exemple) vous apportez vos voix à Renew, formation centriste (14 % des eurodéputés). Si vous êtes tentés par Glucksmann (toujours un exemple) vous soutenez les Socialistes Démocrates (20% des sièges). Si le vote Bardella ou Maréchal vous titille (dernier exemple), vous fortifiez les nationalistes d’Identité et Démocratie (10% des sièges, et possiblement plus dimanche soir, au risque de créer une force d’opposition bloquante).
Enfin si vous votez LFI…

Ne sous-estimons pas le pouvoir législatif et politique du Parlement Européen, dont le rôle face à l’obscurantisme belliqueux de l’islamisme, au despotisme de la Russie, au cynisme de la Chine, à l’entêtement de l’Iran, sera capital.

Et soyons dignes de ceux, militaires comme civils - on estime entre 20 et 30 000 le nombre de civils tués par les bombardements alliés -, qui ont perdu la vie pour sauver notre continent.
Nous leur devons au moins ça.


L’Amérique de Shore

Les photographies de Stephen Shore sont nettement reconnaissables.
Plans fixes, couleurs marquées, dépouillement, les façades américaines défilent sous l’objectif de ce photographe à l’œil singulier, adepte des road-trips.
Une tranche d’Amérique profonde avec ses stations-services, ses dinners, ses usines, ses logos criards.

Né à new York en 1947, Stephen Shore va rendre à la photographie couleur ses lettres de noblesse, au moment où le chic noir et blanc est de rigueur.
Il débute la photographie à 9 ans et à 14 vend trois clichés au conservateur du MoMA.
C’est en 1969, alors qu’il accompagne son père lors d’un voyage en voiture vers Los Angeles, qu’il adopte sa marque de fabrique - la photographie “mobile”, celle des bords de routes et des contrées reculées.
Ses deux séries les plus emblématiques, American Surfaces et surtout Uncommon Places, ont rendu iconiques les coins de rue et les hangars colorés.
Et influencé un nombre très important de photographes de l’ordinaire.
“I wanted to make pictures that felt natural, that felt like seeing, that didn’t feel like taking something in the world and making a piece of art out of it.”

L’exposition de la Fondation HCB est courte, les tirages splendides et il faut prendre le temps d’admirer les petits formats. Au sous-sol sont réunies les œuvres plus récentes de Shore, sans doute moins percutantes, mais, réalisées avec un drone, elles démontrent l’envie du photographe de 76 ans d’évoluer avec les techniques de son temps.

Stephen Shore - Véhiculaire & Vernaculaire
Fondation Henri Cartier-Bresson
Jusqu’au 15 septembre 2024


Le resto qui fait mouaif

Son ouverture était attendue, mais ne nous a pas convaincus plus que ça.
Et si on se permet de le dire pour une fois, c’est parce que c’est assez symptomatique de ces chefs (Ndlr. Gregory Marchand) qui ont été extrêmement talentueux à leur début, puis à la faveur de multiplications d’établissements y ont perdu leur génie.

C’est le cas de cet Altro Frenchie, qui est un bon restaurant, avec une très jolie déco, et une proposition d’inspiration italienne originale.
Mais voilà, il manque ce petit supplément d’âme.
On a un peu l’impression d’être au Village à New York, sauf qu’on n’y est pas.
Et si c’est le chef du Frenchie de Covent Garden qui assure derrière les fourneaux, on est un peu au milieu de la Manche, pas vraiment londonien, pas vraiment parisien.

Artichauts alla giudia bien croustillants, mais un peu gras, vignarola romana (petits pois, fèves, artichaut, asperge, pesto à l’ail des ours) goûteux, mais on retrouve les mêmes légumes avec l’agneau, décevant.
Le choix des pâtes est audacieux (bisque d’étrilles, ragoût de lapin…), pourquoi pas mais pas très généreuses, et les secondi patti (lotte, bouillabaisse, côte de veau) s’envolent un peu.
Très élégant affogato en dessert. Mais ça reste un affogato…

Bref, de tous les établissements de Greg, on continue à préférer nettement le bar à vins d’en face.


Altro Frenchie
9 rue du Nil 75002 Paris
fermé dimanche et lundi - Formule de 27-32€ - Carte 60€





It Paris

Par Karine Salomon

- Bonjour, c'est pour un bilan de compétences.
- Parfait. Dîtes m'en un peu plus sur vous.
- J'aime manger, beaucoup. Et j'aime le bon vin.
- Très bien. Et ?
- J'aime beaucoup aller voir des expos et je m'y connais un peu.
- Ah c'est pas mal ça.
- On me dit que j'écris bien et que j'ai pas mal d'humour.
- Bon, ça peut servir.
- J'aime raconter, expliquer, vulgariser, faire saliver. Et rebondir sur l'actualité.
- Très bien. Alors, si je résume, vous êtes une rédactrice, gourmande, férue d'art, avec un talent certain pour le récit et les bons mots. Vous devriez écrire une newsletter.