Il est de coutume de fêter les anniversaires dans la joie.
Il est de coutume de fêter les anniversaires en famille.
Il est de coutume de fêter les anniversaires en amitié.
Il est un petit garçon qui fête aujourd’hui ses un an. Seul.
Dans une cave, dans une chambre, un tunnel ou au ciel.
Il a passé un quart de sa courte vie aux mains de fanatiques religieux impérialistes et sanguinaires.
Il est notre symbole.
Notre symbole de la lutte contre l’obscurantisme et l’inhumanité.
Il est notre espoir.
Notre espoir que le monde ouvre les yeux sur le danger qui gronde et qui menace notre civilité, nos libertés et notre diversité.
Nous lui devons de prononcer son nom, Kfir.
Nous lui devons de nommer ses bourreaux, le Hamas et les mouvements extrémistes islamiques pour lesquels la souffrance et la mort ne sont qu’expression de dévotion et de lutte enragée.
Nous nous devons d’encourager ses défenseurs et faire taire ses négateurs.
Nous lui devons de combattre, de lutter, de batailler, de résister, de contredire, de réfuter, d’expliquer, de convaincre, de gagner.
Encore plus difficile aujourd’hui de “passer à autre chose” en quelques lignes.
Mais si nous ne sortons plus, si nous ne dégustons plus, si nous ne nous cultivons plus, si nous ne dansons plus, ils auront gagné.
Nous ne nous permettrons qu’une petite variante colorée.
Les Parisiens
« La véritable gloire et la vraie mission de Daumier ont été de compléter Balzac », écrit Charles Baudelaire.
A la Maison de Balzac, deux Honoré s’additionnent pour dépeindre la Comédie Humaine et railler les Parisiens que nous étions et que nous somme encore.
On rit de voir à quel point, hormis le style vestimentaire, nous avons peu changé dans nos doléances et nos attitudes bougonnes.
On aime particulièrement les descriptions de certains métiers.
Le joli Ecrivain Public “confident des femmes de chambres, poète des cuisinières, interprète amoureux des soldats et jurisconsulte des portiers”.
Et l’étonnant Tailleur, dont l’époque malheureuse nous fait un rien douter, “il marche cambré, les épaules en portemanteau et les coudes en dehors. Ses habits, coupés dans le dernier genre, jurent souvent avec ses bottes et son chapeau, il a presque toujours un nom très euphonique, tel que Wahaterkermann ou Pikprunmann”.
L’occasion d’apprécier la tranquillité de cette petite maison hors du siècle, de son jardin vue Tour Eiffel et du petit espace café Rose Bakery.
Balzac, Daumier et les parisiens
Maison de Balzac jusqu’au 31 mars 2024
47 rue Raynouard 75016 Paris, fermé lundi
Les viandards du 16
Et puisque pour une fois, nous voici dans le 16ème arrondissement - que nous boudons par manque de table bistronomique audacieuse et bobo - voici deux adresses viandardes et bistrotières qui auraient sans aucun doute plus aux Honorés.
Chez Martine, c’est nappe à carreaux, banquettes rouges, verres ballons, croquis au mur et suspensions rétro. Et inévitable et réussi bar en zinc où l’on peut s’attabler pour un dej ou un dîner solo (le fameux bar des repas solitaires).
À la carte du classique, rien que du classique.
Terrine du moment, pâté en croûte, œufs mayo (bien moutardés), onglet au poivre (bien relevé), saucisse purée, vol-au-vent, suprême de volaille et steak tartare.
Des frites, des frites, des frites (en quantité et bien grillées).
Et des œufs meurette, et de l’os à moelle (miam).
Chou praliné, coupe colonel, baba au rhum et mousse choco.
Service souriant, attentionné et rapide.
On est encore au début, et si l’équipe, qui en est à sa deuxième adresse (le petit Canon, rue Legendre), est bien rodée à l’exercice, Martine a besoin de tout petits ajustements pour devenir l’adresse où il fait bon aller le lundi à 19 heures quand le réfrigérateur s’habille du vide sidéral post week-end.
Jeudi et vendredi soir, c’est fiesta et il parait qu’on danse sur les tables.
Y’a intérêt qu’on ne piétine pas mes frites.
Chez Martine
154 rue de Longchamp 75016 Paris
Du lundi au samedi - Carte 40€
Chez Griffes, c’est aussi bar en zinc, mais la déco de l’ancienne Chaumette, devenue le Ptit Chêne, puis passée dans l’escarcelle de Léopold Imbert (frère de Jean et déjà derrière Sables, adresse marine voisine), a laissé place aux verts, bleus et jaunes, pas vraiment marqueurs du bistrot parisien.
La carte s’envole vers quelques contrées lointaines et s’écarte du poireau vinaigrette.
Il y a des recettes transalpines, comme l’oreille d’éléphant, linguine pesto, des recettes d’obédience sud américaine ou asiatique, tataki de veau, ponzu, guacamole, des recettes anglo-saxonnes, bœuf Wellington et œufs frits…
Sans oublier les classiques franchouilles, bœuf bourguignon, soupe à l’oignon et terrine cornichons.
Un bistrot moderne, bien tenu, agréable et généreux.
Poisson chez Sables et viande chez Griffes, à quand légumes chez Feuilles Léopold ?
Griffes
7 rue Gros 75016 Paris
Du lundi au samedi - Carte 50€
Nous n’oublions pas à une porte de là, notre chouchou Le Jean Michel Breizh, qui séduit autant par la qualité de ses assiettes que par la personnalité bien trempée d’Aurélien et sa sélection alcoolisée.
Et si je ne dis pas qu’il a un humour de chien, un caractère de taureau et un cœur en platine massif, je vais me faire déchirer.
L’adresse qui nous fait aimer le quartier. Qui sent l’amitié et la graisse d’oie.
Le Jean Michel Breizh
7 rue Gros 75016 Paris
Du lundi au vendredi pour le diner
Samedi soir privatisations
Et le midi, ça cuisine et ça vit un peu et on l’aime aussi pour ça
