C’est avec désespérance que je découvre sur la Chaine Parlementaire votre intervention belliqueuse à l’encontre des responsables de CNews. Car si l’on peut légitimement se poser la question des opinions politiques de la chaine de Bolloré, que chacun(e) a d’ailleurs le choix de regarder ou non, on peut se poser la même légitime question au sujet de Libé, dont vous avez fièrement déployé la couverture en vérité absolue.
Depuis, vous avez félicité les étudiants de Sciences Po de leur engagement pour Gaza, et regretté que l’interdiction faite à une étudiante juive de rentrer dans l’amphi créée une “polémique nationale”.
Et je ne vous ai pas vu vous indigner le 8 mars dernier lorsqu’un cortège d’hommes et de femmes venus rappeler le souvenir des femmes violées et tuées par le Hamas le 7 octobre, sans aucune référence à Israël, a été agressé, insulté, et finalement exfiltré du cortège par des CRS venus en renfort.
Vous avez sans doute été ému lorsqu’aux Oscars, certains comédiens arboraient, avec tant de courage, le pins rouge du cessez-le-feu, sans y accoler le ruban jaune pour la libération des otages.
Et j’imagine votre satisfaction, alors qu’une jeune écervelée militante, asperge de peinture et lacère le tableau de 1914 signé Philip Alexius Laszlo représentant Lord Balfour.
Votre tête est bien faite, mais désespérément privée de tout jugement censé et de toute raison citoyenne. Vous attisez les séparatismes avec délectation et bêtise, et sous couvert d’exprimer avec droit votre révolte devant les horreurs de la guerre, vous vous servez du conflit à dessein électoraliste.
Et parce que vous ne vous indignez que d’une seule guerre, en amalgamant volontairement judaïsme et sionisme, vous exprimez un antisémitisme nauséabond et dangereux.
Petit imbécile naïf que vous êtes, vous pensez que défiler en France avec un drapeau palestinien auprès de gens en keffieh, n’est que l’expression d’un engagement humanitaire.
Aymeric, je voudrais vous rappeler ce qu’est l’antisémitisme.
A la différence du racisme (condamnable sous toutes ses formes faut-il le rappeler) qui consiste à discriminer la différence de l’autre (couleur de peau, origines, religion, sexe…), l’antisémitisme est la haine évolutive et fantasmée de ce qui ne nous convient pas.
Pour les gens de droite, le juif est communiste, pour les gens de gauche, capitaliste. Pour les croyants, il est déicide, pour les athées, trop religieux. Pour les nouveaux anticolonialistes, il est dominateur, pour les complotistes, il est responsable. Et comme il est majoritairement blanc, on l’affuble de dissemblances physiques permettant de le différencier.
Sachez Aymeric que ce Juif a aussi un libre arbitre et que s’il défend de façon viscérale l’existence d’Israël, il est capable d’en critiquer la politique. A la différence des terroristes, et malheureusement d’une grande partie de la “rue arabe”, il ne se réjouit ni des morts, ni des destructions. Qu’il est pour une solution de paix durable, sans roquette, sans otage, et surtout sans détestation idéologique et religieuse d’état.
On peut être Juif et pleurer les morts de Gaza.
On devrait pourvoir être musulman, arabe ou pro-palestinien et pleurer les atrocités inhumaines du 7 octobre.
Un début prometteur
Geoffrey Lengagne a été formé à bonne école et il a pas mal bourlingué (Matthieu Viannay à Lyon, Pierre Gagnaire à Londres, Thomas Keller à New York…).
Il vient d’ouvrir son resto, Brion, dans lequel il met en cuisine ses deux amours, le végétal et le marin, avec la volonté de respecter, non pas la saison, mais la micro-saison.
On a donc eu droit aux asperges, aux topinambours, au thon, au maigre, au poulpe basque et à la volaille de Bresse.
Le tout réhaussé, dans le désordre, par de l’oseill, des feuilles de câpres, de la réglisse, de l’huile d’argan.
En accompagnements carottes des sables, poireaux et oignons.
De la saisonnalité, rien que de la saisonnalité !
On a beaucoup aimé les plats, volaille fondante, poisson parfaitement laqué, ravioli de morue et poulpe bien goûteux. A titre tout à fait personnel, la main un peu leste sur l’ail parfois, ce qui altère un peu le goût des produits.
Et un très très bon dessert épicé autour des agrumes, cannolo citrons, pamplemousse confit, granité mezcal, piment ancho.
La leçon d’histoire de l’art
Né Fülöp Laub, Philip Alexius de László est le fils aîné d'un modeste tailleur juif de Budapest.
Portraitiste à succès, il s’installe à Londres en 1907 et obtient la nationalité britannique en 1914. Date à laquelle il peint le portrait de Lord Arthur Balfour, ministre des affaires étrangères britannique
En 1917, il est arrêté et emprisonné pendant un an par les autorités britanniques pour suspicion d'intelligence avec l'ennemi, sous prétexte qu'il avait correspondu avec sa mère et son frère.
C’est cette même année, le 2 novembre qu’Arthur Balfour envoie une lettre à Lionel Walter Rothschild confirmant le soutien du gouvernement Britannique à l'établissement d'un foyer juif en Palestine, alors province ottomane.
“His Majesty’s Government views with favour the establishment in Palestine of a national home for the Jewish people, and will use their best endeavours to facilitate the achievement of this object, it being clearly understood that nothing shall be done which may prejudice the civil and religious rights of the existing non-Jewish communities in Palestine, or the rights and political status enjoyed by Jews in any other country.”
En soutenant le sionisme, les Britanniques espéraient faire entrer les Américains dans la guerre et obtenir l'aide des Russes dans leurs efforts de guerre. Un mauvais pari qui surestimait l’influence juive sur la politique américaines et russes - les Juifs pas plus hier qu’aujourd’hui “ne dominaient pas le monde”.
Il a été reproché à la Grande Bretagne de jouer sur tous les tableaux, ayant déjà décidé du partage du Moyen-orient en 1916 avec les Français. En signant l'accord Sykes-Picot, les froggies et les brits s’étaient octroyer la tutelle d’États arabes indépendants dans la zone.
En 1920 le Japon, l'Italie, la France et la Grande-Bretagne se réunissent à San Remo.
En application des dispositions de l’article 22 du Pacte fondateur de la Société des Nations, la Grande-Bretagne obtient son mandat pour la Palestine. Le mandataire sera chargé de mettre en vigueur la déclaration faite à l’origine le 2 novembre 1917, adoptée par les puissances alliées, en faveur de l'établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif.
En 1921, l'émir Abdullah ibn Hussein de La Mecque devient dirigeant temporaire de la Transjordanie, réduisant de presque les trois quarts le territoire initialement considéré pour le foyer national juif.
