L’avantage d’avoir sa propre newsletter, c’est qu’on peut (presque) tout dire.
Et cette semaine on ne va pas y aller de main morte, tant les derniers événements en Israël nous ont laminés. Et pour ceux qui ne me suivraient pas sur Instagram et qui n’auraient donc pas eu accès à ma seule révolte, l’écriture, voici jusqu’où va mon écœurement.
Il va de la sidération à la vue des exactions commises par le Hamas, impensables corps de bébés mutilés, familles assassinées, prisonniers terrorisés, femmes violées, à la réaction innommable de certains élus de notre pays. Et je ne parle pas d’étudiants brandissant le drapeau palestinien, ni des messages de haine à l’antisémitisme a peine masquée déversés sur les réseaux sociaux, je parle d’élus, de députés qui siègent à l’assemblée, et dont les paroles ont malheureusement une portée.
Car la haine terroriste ne supporte aucun “mais”.
Comme ne supportaient aucun “mais”, les victimes de Charlie Hebdo, ceux du Bataclan, du World Trade Center, de Toulouse et de la Promenade des Anglais.
Il n’y a pas de “mais” possible devant la barbarie avec laquelle le Hamas - qui on le rappelle à Mathilde Panot n’est pas une force armée - a perpétré ses atrocités.
A la question “peut-on défendre la cause palestinienne et condamner avec la plus grande fermeté les agissements du Hamas”, la réponse est oui.
Nous avons tous les droits démocratiques, de l’analyse critique à la manifestation, du soutien au vote.
Mais il n’y a qu’une seule réponse possible devant la tyrannie, et elle ne suppose aucun “mais”.
Elus de la gauche démocratique, prenez vos distances avec l’inexcusable.
Vous l’auriez fait pour les victimes du 13 novembre 2015 et vous auriez eu raison.
Parce que les bébés sont israéliens, il y aurait une possible justification ?
Un peu de décence face à l’impensable.
Rappelons que les initiatives communes israélo-palestiniennes sont nombreuses, que les collaborations existent, qu’à l’université et à la Knesset, les deux populations sont assises côte à côte, que dans les séries télévisées et au théâtre, ils jouent ensemble, qu’au restaurant, ils cuisinent à quatre mains.
Et que nous sommes nombreux, là-bas comme ici, à se permettre de critiquer la politique israélienne, à souhaiter la paix et regretter les morts quelle que soit leur origine.
Rappelons aussi les autres combats, celui des femmes Iraniennes contre l’oppression, celui des Afghanes et des Arméniennes, que nous soutenons sans réserve et absolument.
Rappelons enfin que si Gaza est une prison, l’Egypte en a les clés.
Et que si la population gazouie est assiégée, elle ne doit son sort qu’à la tyrannie d’un islam extrémiste.
Un islam extrémiste qui balance les homosexuels du haut de ses toits, musèle ses femmes, et enferme sa jeunesse dans un cercle vicieux haineux dont la seule issue est la mort implacable de ses prétendus ennemis.
Nombre de leaders nationalistes démocratiques palestiniens ont payé de leurs vies leur progressisme et leur ouverture à la paix.
Car ni la paix, ni le partage de territoire n’intéressent les terroristes, c’est la terreur et la guerre qui les nourrissent. Et personne, chrétien, musulman ou juif, n’est à l’abri, car contre la mort, on leur promet l’éternité, contre la souffrance, on leur promet le salut.
Opposons leur notre humanité.
J’ai beaucoup hésité avant de faire cette chronique gastronomique. Et certains jugeront peut-être l’exercice déplacé. Puis, je me suis dit que je ne leur ferais pas cadeau de ma culpabilité et que je ne leur sacrifierais pas ce - et ceux - que j’aime.
Un proverbe chinois dit que pour toucher le cœur, il faut passer par l’estomac, j’ose espérer que le vôtre a été particulièrement atteint par ce que j’ai écrit plus haut.
C’était un déjeuner prévu depuis longtemps, un déjeuner de bonne nouvelle.
Nous y avons été un peu à reculons, cognés par les nouvelles tombées samedi matin.
Par chance, nous n’étions que dimanche et l’horreur n’avait largement pas atteint son paroxysme.
Le choc était immense, le désespoir s’immisçait petit à petit.
Le superbe parc et le ciel bleu nous ont fait du bien.
La gentillesse du service, la salle paisible, cosy et lumineuse nous ont un peu apaisés.
Au Doyenné, tout a été merveilleux de l’apéritif à la balade dans le potager.
Le menu des chefs australiens James Henry et Shaun Kelly (Au Passage, Bones, Yard…) respecte le principe du « farm-to-table » et ils n’ont pas besoin d’aller bien loin pour concocter la simple et magnifique assiette de légumes du jardin, leur signature. Les 300 arbres fruitiers et les 200 espèces de légumes, fruits et plantes aromatiques qui poussent sur leur terre, offrent un terrain de cuisine formidable.
Merci le Doyenné de nous avoir offert cette douce parenthèse.
Merci d’être encore plus beau que ce à quoi nous nous attendions.
Merci de nous avoir si joliment nourris, de l’assiette à l’âme.Le Doyenné est le fruit d’une conception longue entre les propriétaires de ce parc de 200 hectares, où Niki de Saint Phalle et Tinguely imaginaient leurs œuvres, et les chefs. Pour réhabiliter cette majestueuse écurie, ils ont fait appel à des artisans locaux ; la charpente à elle seule vaut le détour.
Nommé après une variété ancienne de poires du Comice, le Doyenné a été récompensé d’une étoile verte Michelin en mars dernier. Une distinction méritée pour une “gastronomie agricole” bien réconfortante.
Le Doyenné
5 rue St Antoine 91770 Saint-Vrain
Du jeudi au samedi diners - déjeuners samedi et dimanche
Menu déj 55€ (EPD) - Menu carte blanche 95€
