Kessel

Vive le Gin To

Le Sprtiz, Eunoe, Tacita et Franck

It Paris
2 min ⋅ 10/07/2023

Ndlr. La futilité de mes propos tombe parfois mal à propos. Mais si je ne devais que commenter la triste actualité, je finirais par noyer ma révolte dans l’alcool orange dont je vous parle plus bas. Et puis il y a des circonstances en France comme à l’étranger qui se passent de commentaires, certains très à droite et très à gauche devraient s’en souvenir. Il n’est jamais glorieux de se servir d’un drame en argument politique.


Après m’être agacée des ornements factices qui dégoulinent de nos façades, et de la brusquerie des vélos et autres moyens de locomotion parisiens, je m’attaque cette semaine à un autre sujet fondamental dont le retentissement est mondial et saisonnier : le Spritz.
Et s’il y a bien une marque à qui l’on devrait remettre le prix de la meilleur opération marketing de la décennie, ce serait sans aucun doute Campari, propriétaire d’Apérol. Et Vuitton pour avoir suspendu la vie parisienne, et enflammé la modosphère le temps d’un défilé hors norme.

Comment et pourquoi cette boisson amère créée en Vénétie en 1919 s’est accaparée nos afterworks et nos barbecues ? Sans doute parce qu’elle le charme de l’Italie et qu’elle peut être facilement réalisée par les barmans les plus branques. Et surtout parce qu’on nous l’a vendue et revendue à coups de gimmicks oranges, festifs et désaltérants.


La Spritzmania a donc de nouveau inondé les guéridons de ses bonbonnes oranges aux gouttelettes prometteuses. Les Spritz truck, les Sprtiz girls et les Spritz t-shirts envahissent festivals et stations balnéaires. Tu peux t’allonger sur une Spritz serviette avec ton Spritz bob et faire un Spritz selfie pour ton Spritz Instagram.
Même au ski, le putain de Spritz à relégué le vin chaud au rang des mémés frigorifiées.

Total, Apérol peut s’enorgueillir d’une augmentation de CA de 35,5 % en 2022 en France. Et ce n’est pas fini. A moins que le Porto, le Vermouth et l’Absinthe ne fassent un retour en force.


Gros talent et grand sympathique

“Du coup, tu vas dire que le service était bancal ?” me demande Félix, mi amusé mi inquiet.
“Je vais surtout dire que c’était ultra bon, que ça faisait longtemps que je n’avais pas mangé un poisson comme celui-là, que la cuisson au bintchotan lui donnait un goût fumé dément, que la bisque était corsée à souhait, que je me suis régalée de la tomate en entrée et que le tartare de boeuf, coupé dans le filet, était impeccable - et ludique…”.
“Que le rumsteck, lui aussi merveilleusement fumé au bbq japonais aurait pu nourrir une classe de première après la gym, mais qu’on l’a englouti pour ne pas leur en laisser”.
“Je pourrais aussi dire que tu m’as servi un Bulbille, petit Côtes-du-Rhône de Claire Richaud, frais et fruité, au taux d’alcool acceptable, ce qui nous a permis de finir la bouteille à deux presque sans s’en rendre compte”.
“Maintenant, si tu me cherches, je pourrais effectivement dire que le service était un peu bancal, mais si désarmant et charmant qu’on ne peut vous en tenir rigueur. Le resto était plein, il faisait chaud, et puis je t’ai sollicité souvent parce que je fais mon boulot avec enthousiasme et curiosité.”
“On a fini le repas par un dessert à la pèche délicat, dont je ne me souviens plus de l’intitulé - rapport au Bulbille… Et puis on a discuté avec Riuji qui nous a raconté votre rencontre à Tokyo, son poste chez Nomicos et votre décision de vous lancer tous les deux. Vous aviez la banane et vous nous avez parlé du bonheur de voir les gens heureux et repus. Et c’est vrai que je l’étais, heureuse et repus. Et un peu pompette finalement.”


Eunoe
6 rue Rochebrune, 75011 Paris
Fermé dimanche soir et lundi - 50-60€


En noir et blanc

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It Paris

Par Karine Salomon

- Bonjour, c'est pour un bilan de compétences.
- Parfait. Dîtes m'en un peu plus sur vous.
- J'aime manger, beaucoup. Et j'aime le bon vin.
- Très bien. Et ?
- J'aime beaucoup aller voir des expos et je m'y connais un peu.
- Ah c'est pas mal ça.
- On me dit que j'écris bien et que j'ai pas mal d'humour.
- Bon, ça peut servir.
- J'aime raconter, expliquer, vulgariser, faire saliver. Et rebondir sur l'actualité.
- Très bien. Alors, si je résume, vous êtes une rédactrice, gourmande, férue d'art, avec un talent certain pour le récit et les bons mots. Vous devriez écrire une newsletter.