En 1964, Cassius Marcellus Clay Jr., plus connu sous le nom de Muhammad Ali, affronte l’Américain Sonny Liston, et lui met le KO de sa vie. Après sa victoire, lors de son discours, le boxeur se décrit comme The Greatest. Dix ans plus tard, après un autre combat victorieux contre George Foreman, Ali précise la définition de lui-même : I am the Greatest Of All Time. Sa femme, désireuse de protéger les retombées commerciales de son illustre cogneur, dépose, en 1992, la licence G.O.A.T. Inc. Maligne, la chevrette.
Le mythe du « G.O.A.T. » est né, et l’expression prend principalement dans les milieux sportifs où les GOAT fleurissent comme les chèvres dans les alpages. Michael Jordan, Novak Djokovic, Roger Federer, Ayrton Senna, Tadej Pogačar, Michael Phelps, et plus récemment Léon Marchand sont des GOAT, des champions hors catégorie, des légendes.
Puis le terme GOAT s’exporte et se démocratise pour caractériser celle ou celui qui, quel que soit le domaine, excelle et fait figure de role model pour toute une génération. Thomas Pesquet ? GOAT. Alain Ducasse ? GOAT. Bad Bunny ? GOAT. On va même jusqu’à trouver goatesque, une situation exceptionnelle, un moment unique, grandiose. C'est le stade ultime du compliment pour une performance qui semble inégalable. La newsletter it Paris chaque semaine ? Goatesque.
En attendant de savoir qui de Lionel Messi ou Kylian Mbappé sera le GOAT de la Coupe du monde, on ne désespère pas de voir un GOAT — ou une — prendre les rênes du pays en 2027. Mais ça c’est dans mes rêves les plus goatesques…
Nouilles, soupes, saké et piments
Thaïe, chinoise, japonaise, coréenne, la gastronomie asiatique a toujours tenu le haut du pavé à Paris. Qui a connu les années 80 se souvient avec émotion des nems surgelés que l’on enrobait d’une feuille de salade flétrie, de la soupe aux champignons noirs, et des beignets au caramel qui durcissaient dans une mare d’eau glacée. Il reste quelques Mohicans de cette époque où l’on se fichait du glutamate et de la friture, mais il y a aussi de nouveaux venus qui font honneur à la gastronomie recherchée de leur pays.
Voici quelques-unes de nos dernières trouvailles : trois adresses où s’expriment les vraies saveurs d’une vraie cuisine asiatique.
Faaï
Tombée avec passion, dans le tao-than — ces petits barbecues en terre cuite indissociables des rues de Bangkok —, Anne Copain en a fait la star de son nouveau restaurant Faaï. Après ses deux petits restos Naam (l’un à Lille, l’autre à Belleville), elle installe ses braises pour faire découvrir un autre versant de la magnifique cuisine thaïe, celle qui grille et qui fume. En s’éloignant des classiques, Anne fait découvrir la cuisine des rues et des maisons, celle qu’elle retrouve avec bonheur à chacun de ses voyages et qui inonde ses carnets de recettes. Formée sur le tas, en s’immisçant dans les arrières-cuisines de son pays fétiche, elle nous régale d’un éventail de saveurs incroyables.
L’Oisillon
Dans ce Chinese eatery & sake bar, j’ai mangé les GOAT des ha kao (har gow en anglais). Pâte fine, crevettes croquantes, tout juste sorties de leur bain de vapeur, un délice ! D’ailleurs, je me suis absolument régalée du début à la fin de ce brunch sabbatique au menu savoureux et généreux : salade de racines de lotus, spciy oil, ha kao donc, nouilles froides (CA-NI-CU-LE oblige) et un dessert suave autour du pamplemousse, mangue, tapioca et lait de coco. Pour 28€ — plus un verre de saké —, je me suis offert un Oisillon en solo, au bar, rafraîchissant, dépaysant et bien piquant.
Zakuro
- Votre groupe est au complet ?
- Euh, oui. Enfin on est quatre, mais le quatrième arrive tout de suite, dans une minute…
Dans les restaurants japonais sans réservation, pas question de déroger à la règle du groupe “complet” et chez Zakuro, il est en plus indiqué qu’il faut commander “un plat par personne”. Dans cette micro-échoppe, les choses avaient donc commencé sèchement. Et se sont considérablement adoucies au vu de la qualité des plats et du talent du duo mère-fils — Atsuko Sakamoto et son fils Go Sato, chef-sommelier — qui s’agitent dans le petit espace cuisine malgré une chaleur redoutable. Crudo de sériole, agedashi de daurade royale, karaage de thon ou tofu teriyaki : une magnifique cuisine familiale, accompagnée d’une sélection pointue de saké.
Faaï - 15 rue Trousseau 75011 Paris
Mar-Sam 19h-23h et Sam 12h-14h30
L’Oisillon - 54 rue Basfroi 75011 Paris
Mer-Sam 18h30-21h30 et Sam 12h-14h30
Zakuro - 4 rue de Port-Mahon 75002 Paris
Mar-Sam 19h-21h15 - Mer-Sam 12h-13h15
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