Les architectes du chaos, une côte de bœuf et des pizzas
Renverser les rôles, faire porter le chapeau à la victime plutôt qu’à l’accusé, juger la société au-delà des faits et avancer des arguments politiques : voilà la pratique de la “stratégie de rupture”, appelée aussi “défense de rupture”.
C’est précisément celle qu’a choisie, de façon indécente, l’avocat Francis Vuillemin, conseil du prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui — condamné à 15 ans de réclusion en première instance pour association de malfaiteurs terroriste — lors du procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty.
En accusant le professeur de “discrimination” et de “faute pédagogique fondamentale”, en précisant que “s’il avait été alors sanctionné, il serait toujours vivant”, l’avocat — ou ce qu’il en reste — retourne le procès contre les parties civiles et tente de faire croire que la victime n’est pas celle qu’on croit.
Un procédé dégueulasse et dangereux, déjà utilisé en 1998, lorsque Vuillemin invoquait la « résistance » de Maurice Papon. En rendant Paty responsable de sa propre décapitation, le défenseur pervers déplace le débat pour faire le procès de la victime d’abord, de la laïcité et des valeurs de la République ensuite. Ce faisant, il placarde une cible sur le dos des professeurs qui seraient tentés d’aborder des sujets qui déplairaient à certains.
Une mécanique “renversante” qui s'exporte au-delà de nos tribunaux, au sein d’instances internationales embourbées dans leur idéologie à deux vitesses. Francesca Albanese, la rapporteuse de l’ONU pour les Territoires palestiniens, a encore brillé lors d’un forum organisé par la chaîne Al Jazeera (lol) où elle a affirmé “qu’au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays l’ont armé, excusé, appuyé et soutenu” ajoutant que “l’humanité a maintenant un ennemi commun”…
Attaquée, elle a précisé par la suite que, “cet ennemi de l’humanité” n’était autre que le “SYSTÈME ayant permis le génocide à Gaza”. Alors quel système ? L’Iran ? Le Hamas ? L’idéologie islamiste ? La Russie ? Trump ? Al Jazeera ? Netanyahou et ses ministres d’extrême droite ? Le 7 octobre ? Ou juste Israël et les Juifs du monde entier ?
Un style assumé par l’italienne, et heureusement critiqué jusque dans son propre pays. Une obsession où Israël n’est jamais considéré comme un État possiblement fautif, mais comme une erreur de l’histoire, une anomalie, un modèle d’immoralité et de cruauté.
Nous conseillons vivement à Me Vuillemin et à Mme Albanese de s’inscrire sur les listes électorales de LFI. Au panthéon des complotistes communautaristes, il ne manque plus qu’eux.
Un nouveau resto vient enrichir l’offre bistrotière, déjà bien fournie, du 17e arrondissement. En lieu et place de l’ancien étoilé, la Fourchette du Printemps, on retrouve maintenant la deuxième adresse d’a.lea, ce petit gastro discret de Montmartre qui peut s’enorgueillir d’avoir maintenu une note de 4,9/5 sur Google avec plus de 1100 avis - un exploit mérité. Chez Bolea, le petit nouveau, on affiche déjà un 5/5 pour une centaine d'avis. Ça débute bien.
Ici, place aux classiques du bistrot parisien. Délicieuse terrine de canard, foie gras et poivre vert ; Saint-Marcellin rôti au miel et thym ; et évidemment les œufs mayo, particulièrement réussis. Le paleron de bœuf braisé, accompagné de carottes et de champignons, est fondant, et sa purée parfaite.
Mention spéciale, ce soir-là, pour la côte de bœuf pour deux (76 €) qui aurait largement nourri un troisième carnivore. Viande de qualité, frites bien épaisses, bien charnues, bien chaudes et bien croustillantes.
Nous sommes passés à côté de la tarte Tatin, et avons préféré le grand pot de mousse au chocolat.
Pour trouver à redire, on pointera l’utilisation un peu excessive des graines de moutarde vinaigrées, mais sinon c’est juste parfait.
On est un cran au-dessus du “bistrot du lundi”, Le Rennequin, dont nous avons parlé il y a deux semaines.
Hâte d’être mercredi.
Bolea
30 rue du Printemps 75017 Paris
fermé dimanche et lundi - Carte 45€
Dans la série des pizzas digestes, voici Pizza Viva, la version au levain naturel du très volubile boulanger Adriano Farano, fondateur des boulangeries Pane Vivo qui fleurissent dans la capitale.
Celles et ceux qui connaissent déjà son pain “au levain centenaire” seront forcément tentés. Aux autres, nous conseillons de découvrir le Sapiens ou le Gaïa, des pains denses, goûteux, - et chers - qui se digèrent et se conservent particulièrement bien.
Alors cette pizza ? Commandées à emporter, (une Margherita et une Marinara), elles ont été réchauffées, ce qui en altère inévitablement la qualité. C’est une bonne pizza, à la pâte croustillante. Pas de pneu napolitain, une garniture de qualité qui manque peut-être d’un peu de caractère, de gourmandise, ou juste d’une pincée de fleur de sel. Agréables et nourrissantes sans être lourdes, elles pourraient presque remplacer le pain en accompagnement d'une belle salade.
Le tip : la pâte précuite est en vente dans leurs boulangeries pour réaliser les vôtres à la maison.
Pizza Viva, la boulangère (5e et 16e)
Fratelli Castellano, la napolitaine (15e).
O.o.b.a.t.z, la créative (19e)
Acide Lactic, la fermentée (11e)
Marthe Brejon, la légère et croustillante.
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