Une présentation, des dessins et de l'audace
Cette semaine, je pourrais encore parler de l’Iran - car on n’en parle jamais assez - et souligner l’absence de pin’s vert-blanc-rouge à la cérémonie des Golden Globes.
Ou des Talibans qui cherchent à promouvoir le tourisme afghan en invitant des “influenceurs” occidentaux à venir constater combien leur pays est libre, sûr et progressiste.
Je pourrais m’intéresser à la bataille des municipales, qui promet quelques bons coups de gueule et pas mal de déceptions.
Je pourrais revenir sur ce manuel d’histoire-géo du bac, édité par Hachette, qui qualifie les victimes de l’attaque terroriste du 7 octobre de “1200 colons juifs”, parlant ainsi de civils israéliens vivant sur un territoire non contesté, dont l’indépendance a été proclamée le 14 mai 1948 à la suite de la résolution 181 des Nations unies.
Ou sur le fait que l’excédent commercial chinois a atteint mille milliards d’euros en 2025. Que plus de 10 millions de colis Shein inondent chaque jour notre vieux continent. Et que le rouleau compresseur chinois broie tout sur son passage, de la technologie aux objets de déco, en passant par les prothèses dentaires.
Et je pourrais, pour une fois, parler de moi.
De ma passion pour les artisans, les producteurs, les bons produits. De mon addiction pour le pain et la pâtisserie. De mes trajets absurdes pour une galette, une meule au levain, un poulet fermier, un chèvre au fenugrec. De mes déambulations au musée et de mon rapport addictif aux lampes. De mon enthousiasme pour la question politique, le propos citoyen et de ma dépendance aux chaines info. De mon engouement pour la cuisine, que je pratique comme une thérapie, et de mon culte pour les séries humoristiques anglo-saxonnes d’Arte, que je consomme sans modération. De mon aversion pour la lâcheté et l’ignorance, et de mon dégoût pour l’opportunisme.
Je pourrais vous dire que mon vrai métier, c’est “plume”. Que j’écris vos histoires de famille, vos histoires d’entreprise, vos discours, vos souvenirs de vacances. Et que je suis ouverte à toute proposition, même malhonnête.
Au Grand Palais on se presse pour admirer les constructions en carton d’Eva Jospin (Ndlr : pointe assumée d’ironie) et, à plus juste titre la réplique des six vitraux imaginés par Claire Tabouret pour le sud de la nef de Notre-Dame.
Les visiteurs délaissent pourtant à tort la meilleure exposition du musée, et de loin : 300 dessins, collages et animations issues de la fabuleuse collection du Centre Pompidou qui, avec plus de 35 000 œuvres sur papier, conserve l’une des plus grandes collections de dessins modernes et contemporains au monde.
Point de grand discours nécessaire pour faire la promotion de cet accrochage exceptionnel, la liste des artistes présentés suffit à elle seule. Balthus, Chagall, de Kooning, Delaunay, Dubuffet, Kandinsky, Klee, Léger, Matisse, Modigliani, Picasso, Appel, Basquiat, Breer, Gilbert & George, Hyber, Kentridge, Penone, Rauschenberg, Tàpies… et j’en passe.
Une plongée inédite et formidablement riche pour aborder “l’art du trait”, trop souvent relégué à l’esquisse ou aux seuls travaux préparatoires.
Dessins sans limite
Grand Palais jusqu’au 15 mars 2026
Il est probable qu’à eux deux, ils aient moins que mon âge… Et à l’écoute la play-list - entre 99 Luftballons, The Cure et Orchestral Manoeuvres in the Dark, on n’est pas loin du retour en adolescence.
Tout en fredonnant nos classiques, on plonge dans l’univers culinaire étonnant de Néo Guérin et Jérémy Taché, formés à la cuisine créative et spectaculaire chez Shabour.
Aucune assiette ne laisse indifférent. Certains plats frisent le génie, comme cette poitrine marinée au miso rouge et cuite à basse température pendant 36 heures ; cette grosse chouquette farcie à l’œuf parfait sur lit de shakshuka ; ou encore la langue fondante, gratin de pommes de terre et harissa.
La pita frite, accompagnée de sauces et d’un beurre épicé, est addictive (j’ai d’ailleurs fini le beurre à la fourchette) tout comme la babka perdue à la glace à l’échalote noire - n’ayez pas peur, elle sent le caramel.
Lorsqu’on atteint un tel niveau d’audace réussie, inévitablement certains plats sont un peu en dessous, comme cette charcuterie de canard, pignons, patate douce et clémentines.
Il nous reste à découvrir tous les autres délires gourmands de ces deux trublions : la lotte, tonka, chou-fleur, les Saint-Jacques au lard de Colonnata et piment oiseau, et surtout ce dessert intriguant que nos acolytes du soir n’ont pas eu la foi d’essayer - le radis-beurre, sorte de tartelette au radis citronnés et au beurre fouetté.
Plus on est jeune, plus on ose.
Babi
11 rue Mandar 75002 Paris
Ouvert du mardi au samedi soir - carte 50€
=> Mon compte Instagram food It Paris
=> Mon compte Instagram perso A Pen in the Neck
Vous pouvez me parler, de tout et de rien, en répondant simplement à ce mail.
Et envoyer cette excellente newsletter à celles et ceux qui sauront l’apprécier.