Fausse journée. Vraies destinations.
Je ne me réveille pas très tôt car je m’endors tard. Mon cerveau n’est pas de ceux qui se débranche facilement. Mon premier réflexe, presque à tâtons, est d’allumer la radio que j’écoute sur mon téléphone. Par élimination, c’est France Inter. J’ai renoncé à Europe 1, tenté RTL, expérimenté France Culture et trouvé une sorte d’équilibre, bien vacillant, entre Benjamin Duhamel, Dominique Seux, Sophia Aram et David Castello Lopes. Pierre Haski me fait grogner, et le simple “bonjour” de Charlene Vanhoenacker met fin à mon indulgence.
Mon petit-déjeuner se résume à une bien trop grosse dose d’infos et de café filtre. De spécialité, bien sûr : Ten Belles, Café Machin, Tanat, Fève, l’Arbre à Café, Ombra,…
Trump à Davos, Trump au Groenland, Trump augmente les taxes, Trump se moque d’Emmanuel. À lui seul, le bougre, occupe 50% des ondes. Mercosur, catastrophe ferroviaire, intempéries font le reste. Saupoudrés de 49.3, de commentaires hypocrites et de promesses irréalisables.
Que le temps le permette ou pas, j’enfourche mon vélo pour l’une des mes pérégrinations en quête de victuailles de qualité.
Le pain : Eléments, Jack Henry, Eveil, Ten Belles, La Boulangerie Nouvelle, Utopie.
Le fromage : Chez Virginie, Frescolet, La Table de maître Corbeau, Fromagerie Goncourt.
Les maraichers épiciers : Berrie, Lune des moissons, Les Saisonniers, Miyam.
Le boucher : Viande Viande, La Grande Ep.
La pause chocolat : Plaq, Ara, William Artigue, l’Instant Cacao.
Le passage obligé : le dorayaki de Tomo, la tarte de Wani, le cappuccino de Bleuet.
À midi, une petite envie de vrai bistrot me fait pousser la porte de Duvin. Accueil chaleureux comme on s’y attend, tables en bois, sélection impressionnante de Chartreuse, de la classique à la VEP en passant par la liqueur du Foudre 147. Les œufs mayo du chef David Meert, arrivés troisième au championnat de 2025, sont à tomber. La salade d’endives, œuf parfait, bien moutardée, et la blanquette généreuse comme un gros câlin. Impossible d’aller au bout de ce menu gargantuesque, et impossible de boire un lundi malgré une carte des vins plus que tentante.
Le ris de veau et le mille-feuilles vanille seront pour la semaine prochaine, après un jeûne de vingt-quatre heures.
Quel bonheur ces tables sans partage, sans influenceur, sans Fashion Week, et sans foodie - sauf moi.
Duvin
9 bis rue Jean Baptiste Pigalle 75009 Paris
Fermé dimanche - menu dej 24-28€ - carte 45-50€
Au dîner on teste TEST, nouveau bar-resto looké, monté par deux acolytes. Jérémy Marratche, le feuj, chef inspiré et amoureux du Japon, et Georges Mohammed-Chérif, le rebeu, fondateur de Buzzman, l’agence de pub qui fait tourner les stars, et déjà derrière d’autres adresses gastro-branchouilles dont la Poissonnerie Kennedy à Marseille.
Le menu orientalo-japonais mêle la brick à l’œuf à la ventrèche crue de thon rouge, la bonite au labneh et à la fleur d’oranger, le parguit (cuisse de poulet désossée) à l’algue nori et à la mayo wasabi, et la boulette de thon au caramel de carottes, gel de yuzu. La rencontre détonante entre Betty Zana et Mitsuki Tanaka.
Et ça fonctionne, me direz-vous ? Oui, carrément. Mais il faut prendre le temps de déguster chaque assiette sans y plonger comme les gloutons que nous sommes, pour apprécier les associations audacieuses et le travail minutieux sur le poisson.
Un dernier petit coup de cuillère dans le baba à la boukha (alcool de figues tunisien), un dernier verre de Chablis, un dernier sourire de Jérémy, et nous voilà conquis.
TEST
70 rue de Dunkerque 75009 Paris
Diner du mardi au samedi - Carte 65€
J’ai deux comptes Instagram.
Le premier, It Paris, ne me propose que des recettes et quelques chats. Le second, A Pen in the Neck, m’identifie comme militante spécialiste du Moyen-Orient - ce qui n’est pas faux.
Je scrolle donc entre les mousses au chocolat et les boulettes de viande, et je m’en inspire librement.
Voici une bonne soupe-repas, à réaliser en quelques minutes, pleine de bon sens et de bon goût.
Faire revenir deux échalotes ou un oignon, et une gousses d’ail, dans un peu d’huile d’olive.
Une fois fondus et translucides, ajouter deux carottes coupées en fines rondelles et trois branches de céleri en très petits morceaux. Laissez revenir quelques instants.
Ajouter 6-7 tomates séchées à l’huile, également coupées en petit morceaux, et une boite de concentré de tomates (équivalente à deux petites). Remuer et laisser imprégner, puis verser un bocal de haricots blancs, préalablement rincés, d’environ 600-700g (pas des flageolets, des gros haricots blancs).
Recouvrir d’eau chaude. Du paprika, de l’origan, une petite cuillère de chili flakes ou de piment d’Espelette, deux-trois feuilles de laurier, sel, poivre, et laisser cuire à moitié couvert pendant une demi-heure.
Avec un mixeur plongeant, mixer environ 30% de la soupe (5-6 coups) pour obtenir une double consistance et garder de la mâche. Une petite pointe de crème entière, et c’est tout bon.
Mon vrai métier, c’est “plume”. J’écris vos histoires de famille, vos histoires d’entreprise, vos discours, vos souvenirs de vacances. Je suis ouverte à toute proposition, même malhonnête.
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