Une première question, un premier resto, trois dernières expos
Si quelqu’un m’avait dit que 2026 débuterait de façon aussi pourrie, je ne l’aurais pas cru. Et pourtant.
Après les vœux de santé et de bonheur de circonstance, je commencerai donc par rappeler le souvenir de 40 anges partis skier beaucoup trop tôt sur les pentes des montagnes valaisannes. Et j’en rajouterai un.
Je voudrais aussi saluer le courage de la jeunesse iranienne qui, contrairement à ce que relèvent nos députés indécents, ne lutte pas seulement “contre la vie chère”, mais contre la dictature religieuse meurtrière d’Ali Khamenei, 86 ans, au pouvoir depuis 1989…
1500 exécutions en 2025, et déjà 27 manifestants tués.
Enfin, je me poserai la première question philosophico-politique de l’année : mesure-t-on la légitimité d’une action à la nature de ceux qui la soutiennent et de ceux qui la condamnent ?
Si tel est le cas, l’affaire est dite, et l’arrestation de Maduro, vivement critiquée par les mollahs iraniens, les insoumis malfaisants, les justificateurs du terrorisme, et les hommes politiques à mèche blanche en quête de renaissance, devrait nous convaincre que Trump est dans le vrai.
Salué ou condamné, le “cueillage” de Nicolas oppose le camp de la “légalité” et celui de la “légitimité”. Si les deux se défendent, il est en revanche difficile d’invoquer le “droit souverain des peuples”, Maduro ayant confisqué autoritairement le pouvoir sans honorer le sien.
Mais il s’agit bien du respect des autodéterminations, fussent-elles démocratiques ou non.
Maduro est un dictateur incompétent, corrompu, despotique, imprévisible et véreux. Cela justifie-t-il pour autant l’intervention américaine ? Les sacro-saintes règles du droit international s’appliquent-elles aux dictateurs auto-élus ? Les chefs d’accusation de “complot de narcoterrorisme", "complot d'importation de cocaïne", et "possession de mitrailleuses et de dispositifs destructeurs" retenus contre lui par le procureur de New York sont-ils recevables ?
Les adeptes du Far West à la Trump crient au génie et demandent à Donald de ne pas oublier JLM dans sa croisade contre les hystériques. Les autres dénoncent une mascarade à but pétrolier. Il y a les complotistes satisfaits et les complotistes mécontents.
Et puisque nous sommes à l’époque des bonnes résolutions, l’Europe ferait bien d’affirmer vigoureusement sa place dans ce nouvel ordre mondial, plutôt que de s’en contenter, au risque de s’y perdre.
Après une trêve austère, c’est avec une immense joie que je suis retournée au restaurant pour le premier service de rentrée d’un lieu qui commence gentiment à faire parler de lui : Barbo.
Ouvert dans le 14ème, où la cuisine d’auteur n’est pas légion, il faut ce soir-là composer avec la neige, les livraisons annulées, et malgré tout pas mal de couverts pour un 6 janvier. Ça s’agite en cuisine, et le chef Alexandre Aziza s’adapte avec ardeur. Un Saint-Joseph, Vin de Vienne 2023, nous fait patienter.
A côté de nous, Florent, un des trois associés avec Alexandre et Maxime, vient découvrir la nouvelle carte. Son parcours est passionnant, d’entrepreneur spécialisée dans le recrutement des “secteurs en tension”, à co-patron de restaurant - un rêve de gosse.
La cuisine d’Alexandre défile et elle est puissante. Langue de bœuf à la bisque de crabe, poireaux brulés au kiwi et à l’algue kombu, avocats de Corse et endives rôties.
Pour suivre, le maquereau de Plouguerneau (bientôt remplacé par la truite) s’adoucit de persil racine, de panais et de pleurotes. Le plat végétarien, tofu de lentilles corail, est tout sauf timoré.
On hésite sur le dessert, on lorgne sur les assiettes de nos nouveaux copains, et on opte pour le baba, crème crue à la vanille de Tahiti, pointe d’acidité de feijoa, une goyave brésilienne. Florent nous sert deux petits verres d’un excellent rhum de Tahiti, où il est né.
Un repas au restaurant procure bien plus que le seul plaisir de déguster quelque chose d’excellent. C’est une combinaison de talent, de créativité et de rencontres.
Le sens de nos sens.
Barbo
15 rue Boyer-Barret Paris 14
Fermé dimanche et lundi - Carte 55€
Dernier week-end pour admirer les dessins de Soulages au Musée du Luxembourg. Et même pour celles et ceux qui, comme moi, ne sont pas bouleversés pas les peintures de l’inventeur de l’Outrenoir, ses traces au brou de noix et gouache valent intensément le déplacement.
Etape essentielle dans la pratique de Soulages, ces peintures sur papier, entre blancs et bruns, donnent à découvrir un peintre plus intime, plus méditatif, presque mystique.
Compliments amicaux au commissaire de l’exposition, Alfred Pacquement.
Au Petit Palais, souvent effacé par son Grand frère, se plonger dans le Paname multiculturel et vibrant de Bilal Hamdad, au travers de ses 21 compositions et portraits au réalisme et aux détails saisissants, exposés entre les toiles de maîtres.
Quelques jours encore pour penser Minimal à la Bourse de Commerce. Profiter du calme relatif au sous-sol, magnifié par les sculptures lumineuses de Dan Flavin, se photographier devant les fils de lumière de Lygia Pape, s’intéresser aux vitrines de On Kawara, admirer les toiles d’Agnes Martin…
Mon article ici.
Plein Cœur - Mon Loup - Jacques Génin - Céline Lecœur - Eveil boulangerie - Rayonnance - Atelier P1 - Les Trois Chocolats - Fadoli - Petit Grain.
=> Mon compte Instagram food It Paris
=> Mon compte Instagram perso A Pen in the Neck
Vous pouvez me parler, de tout et de rien, en répondant simplement à ce mail.
Et envoyer cette excellente newsletter à celles et ceux qui sauront l’apprécier.