Kessel

A l'envers

Un le resto, deux l'expo, trois l'édito

It Paris
2 min ⋅ 15/10/2026

Cette semaine, nous commencerons par le resto, puis l’expo, puis l’édito, si j’ai la foi. D’abord parce que ça change, ensuite parce que le resto vaut la première place, et enfin parce qu’il y a tant à dire et à grogner que je ne sais plus où donner de la tête.
Allez, des bisous…


Dire qu’on a attendu tout ce temps…

… pour aller découvrir la merveilleuse cuisine de Lucie Boursier-Mougenot, son resto à la fois raffiné et chaleureux, aux douces lueurs des bougies et des lustres.
C’est chose faite, et Pétrelle risque de nous voir débouler bien plus souvent à partir d’aujourd’hui. Car nous avons adoré l’ambiance, le service miraculeusement sympathique de Luca, la douceur désuète de la salle et le menu parfaitement harmonieux et lumineux de Lucie.

Dire que la part belle est faite aux produits est une évidence. Les premières Saint-Jacques s’associent aux shitakés et aux agrumes confits. Quant au canard de Challans de la famille Burgaud (les mêmes qu’à la Tour d’Argent dans ses belles années), il se sublime de cassis, de shiso et de réglisse.
Il y a de l’acidité dans la mandarine satsuma qui relève la carotte, et de l’amertume dans les noix fraîches parsemées sur le Fontainebleau et le coing poché.
Un menu automnal, avec tout ce que la saison apporte de brun et de forestier.
Autour de nous, ça parle beaucoup anglais. Preuve, s’il en fallait, que je suis vraiment en retard…

Dans un quartier qui fourmille d’adresses gourmandes, Pétrelle calme le jeu, et nous offre un moment de douceur et de délicatesse bien appréciable. De générosité aussi, car nombre de cuisinières et cuisiniers sont passés par cette petite cuisine et se sont inspirés des créations précises de Lucie.
Et comme on les comprend.


Pétrelle
34 rue Pétrelle 75009 Paris
Ouvert du mercredi au dimanche soir et au déjeuner samedi et dimanche
Menu en 4 services au diner 75€


Spectaculaire !

Il n’y a pas à tortiller, chaque nouvel accrochage de la Bourse de Commerce est un événement en soi. D‘ailleurs la queue qui s’étend devant l’entrée ne trompe pas.
Avec Remember Me, place à la photo, à son histoire, à son évolution et à sa diversité. Il faut dire que les clichés iconiques et les chefs-d’œuvre ne manquent pas. La collection Pinault offre un terrain de jeu réjouissant, et il est impossible de citer tous les photographes présentés dans cette exposition collective, tant ils sont nombreux - et (re)connus.

La Rotonde, et les vingt-quatre vitrines qui en font le tour, sont habitées par les œuvres  puissantes de Barbara Kruger. Citations en format XXL, mots, phrases, injonctions, vidéos : l’univers rouge et noir de l’artiste, puissant et massif, donne une intensité spectaculaire à l’espace.

Dans la Galerie 2, on pousse de “oh” et des “ah” à la vue des quelques 450 clichés d’Irving Penn qui couvrent les murs arrondis, du sol au plafond. Il y a du monde, beaucoup de monde, et mieux vaut éviter les heures de pointe si l’on veut profiter pleinement du talent de ce photographe humaniste et éclectique.

Ne pas manquer la cinquantaine de clichés de Raymond Depardon consacrés au paysage français. Bar-tabacs, charcuteries, collines, piscines, garages, devanture de ciné, maisonnettes... Un parcours attendrissant, à l’humour désuet, accentué par un accrochage tout en légèreté.

Pour le reste, nous vous laissons apprécier les Avedon, Tillmans, Lawer, Cartier-Bresson, Catelan, Le Gray, Leibovitz, Doisneau, Ray,… entre autres.


Remember Me
Bourse de Commerce - Collection Pinault
Jusqu’au 18 janvier 2027 (25 pour la Rotonde)


Bisous

Pas un édito, mais un bisous, d’une ville qui ne dort pas beaucoup et qui mange trop. Où les leggings et les brassières ont pris le lead. Où le cappuccino est légion. Et le houmous aussi. Où les fils électriques font office de décorations murales. Où l’on télétravaille dans les innombrables cafés, iBook au bout des doigts, tongs aux pieds. Où les chiens sourient. Où il y a tant de travaux que Paris, à côté, semble réparée. Où le sac en plastique est encore trop répandu. Où les tatouages s’expriment. Et les tags aussi. Où les maraîchers vendent des montagnes d’herbes et d’épices. Et aussi des dattes fourrées aux noix ou à la pâte d’amandes. Où es bébés sont rois. Où il y a du bon pain, du pain délicieux, presque meilleur.

Que j’aime malgré la poussière et le bordel ambiant.

Meilleur pain de TLV : Hagay Bread
Petit city guide à suivre…



=> Mon compte Instagram food It Paris
=> Mon compte Instagram perso A Pen in the Neck




It Paris

Par Karine Salomon

- Bonjour, c'est pour un bilan de compétences.
- Parfait. Dîtes m'en un peu plus sur vous.
- J'aime manger, beaucoup. Et j'aime le bon vin.
- Très bien. Et ?
- J'aime beaucoup aller voir des expos et je m'y connais un peu.
- Ah c'est pas mal ça.
- On me dit que j'écris bien et que j'ai pas mal d'humour.
- Bon, ça peut servir.
- J'aime raconter, expliquer, vulgariser, faire saliver. Et rebondir sur l'actualité.
- Très bien. Alors, si je résume, vous êtes une rédactrice, gourmande, férue d'art, avec un talent certain pour le récit et les bons mots. Vous devriez écrire une newsletter.