La fête aux slogans

Une histoire de slogan, de poisson et d'injustice.

It Paris
3 min ⋅ 19/03/2026


Au soir même de la victoire, remarquable et remarquée, de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis, une assemblée survoltée fêtait l’événement au cri de Siamo tutti antifascisti, littéralement « nous sommes tous antifascistes ». Ce slogan, qui trouve ses racines dans l’Italie des années 1920 marquée par la montée du fascisme mussolinien, incarne alors un véritable acte de résistance face à une répression brutale au cours de laquelle les milices fascistes de Mussolini traquent, torturent et enferment les dissidents.
Repris par l’Union soviétique de Staline dans les années 30, il est aujourd’hui scandé à tout bout de champ, pour discréditer tout mouvement qui serait à la droite de Fabien Roussel. Jean-Luc Moudenc à Toulouse, Rachida Dati à Paris, Catherine Trautmann à Strasbourg, et évidemment Benoît Payan à Marseille en ont fait les frais. Des insultes qui n’ont pas empêché le PS, pourtant médaillé d’argent du premier tour avec 19,27% des voix, de se fourvoyer avec une extrême gauche dont la radicalité, le culte du chef et la critique virulente de toute opposition se rapprochent dangereusement d’une pensée totalitaire. La droite républicaine, arrivée en tête avec 20,63%, a, dans sa grande majorité et de façon honorable, refusé la main tendue de l’extrême droite.
Il y a des mots pour désigner ses adversaires politiques. On peut les qualifier de souverainistes, de nationalistes, de populistes ou de conservateurs, mais rien, absolument rien, dans un système démocratique résistant, ne permet de les traiter de fascistes.
Après les “tambouilles” électoralistes, les défections louables, les trahisons et les girouettes, il serait peut-être temps pour les partis dits du “bloc républicain” de se retrousser les manches et d’aller gagner sur le terrain ce qu’ils ont perdu dans les urnes.


Algues bretonnes

Que dire de cette parenthèse bretonne étoilée ? Que c’était un rêve.
Partout il y a l’océan, aux fenêtres comme dans l’assiette et l’on se régale de l’inventivité d’Hugo Roellinger, chef flibustier, ancré dans sa Côte d’
Émeraude. C’est en 2025 que Le Coquillage a obtenu sa troisième étoile, mais cela n’a vraisemblablement modifié ni l’esprit, ni le service : convivial, prévenant sans être ampoulé. Et encore moins l’engagement du chef qui ne travaille aucune viande, mais compose avec les algues, les crustacés, les poissons et les épices.
Dans chacune des dix propositions de cet exceptionnel menu déjeuner, tout vient “d’ici” et pas de “là-bas”, à l’exception, peut-être, du poivre et de la vanille… Du beurre, au pain, en passant par le miel, le fromage, le sarrasin, les herbes et, bien sûr, les produits de la mer, le circuit n’est pas court, il est voisin.
Y dormir est un luxe supplémentaire que l’on s’offrira, ou non. La promenade sur le chemin des douaniers et l’expérience gastronomique suffisent pour se prendre un bon coup de vague.

Le Coquillage
Maisons de Bricourt - Cancale
Menu déjeuner en 10 étapes 215€ / menu 12 étapes (avec le homard) 275€


Poisson parisien

J’ai été invitée à déjeuner, dans un “vieux” restaurant qui ne me ressemble pas. Un grand paquebot de belle facture, lumineux, agréable et élégant, dont la carte depuis déjà longtemps, fait la part belle aux produits marins.
Et ce qui m’a d’emblée frappée chez cet historique Dessirier de Caroline et Sophie Rostang — au-delà de l’espace réaménagé il y a quelque temps par Nathalie Blanc c’est la variété des poissons qui y sont proposés, dans le respect des méthodes de pêche et des saisons de reproduction.
Filets de perchette du Léman, maigre, rascasse, lieu, encornets, des espèces de nos côtes dont de nombreux étals sont malheureusement dépourvus, faute de demande.
Entre le tartare de mulet noir et la fricassée de lotte au vin jaune, morilles et asperges, avec Sophie, nous avons parlé maquereau et chinchard, sardines, truite, et gratin de macaroni au homard.

Preuve s’il en faut que “tout est bon dans le poisson” et puisque cette semaine, c’est la fête aux slogans, allons-y pour un petit dernier : “faites la mer, pas la guerre.”

Dessirier
9 Place du Maréchal Juin 75017 Paris

Ouvert tous les jours - Carte 80-100€



Depuis plus de deux ans depuis que beaucoup d’entre nous avons été obligés de reprendre la lutte contre les esprits étriqués et antisémites certaines voix courageuses se sont faites entendre, comme celle de Diane Richard, “militante féministe, écologiste et antiraciste”, passionnément harcelée et critiquée pour avoir dénoncé l’exclusion des femmes juives de certaines organisations féministes.
Diane, pourtant pas particulièrement sensibilisée au conflit au Moyen-Orient, s’oppose alors au complotisme et au négationnisme des mouvements néoféministes qui considèrent que parler des viols commis par le Hamas le 7 octobre reviendrait implicitement à soutenir Israël. Une convergence des luttes incompréhensible pour cette militante éprise d’universalisme.
Il y a quelques jours, Diane Richard, toujours très investie auprès des mouvements écologistes, s’est vue proposer une place sur la liste divers gauche de Bertrand Kern à Pantin. Puis, son nom est retiré par Nadia Azoug, militante écolo, numéro deux sur la liste, qui “s’est renseignée” sur Diane et ne l’a visiblement pas trouvée à son goût. Une militante écologiste et féministe oui, mais une qui lutte aussi contre l’antisémitisme… vade retro




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It Paris

Par Karine Salomon

- Bonjour, c'est pour un bilan de compétences.
- Parfait. Dîtes m'en un peu plus sur vous.
- J'aime manger, beaucoup. Et j'aime le bon vin.
- Très bien. Et ?
- J'aime beaucoup aller voir des expos et je m'y connais un peu.
- Ah c'est pas mal ça.
- On me dit que j'écris bien et que j'ai pas mal d'humour.
- Bon, ça peut servir.
- J'aime raconter, expliquer, vulgariser, faire saliver. Et rebondir sur l'actualité.
- Très bien. Alors, si je résume, vous êtes une rédactrice, gourmande, férue d'art, avec un talent certain pour le récit et les bons mots. Vous devriez écrire une newsletter.