"Si tu as une pomme, que j’ai une pomme, et que l’on échange nos pommes, nous aurons chacun une pomme. Mais si tu as une idée, que j’ai une idée et que l’on échange nos idées, nous aurons chacun deux idées" Georges Bernard Shaw
La semaine dernière au-delà de mon coup de sang à la forme peu châtiée, mais au fond méritoire, j’invoquais le pouvoir réconfortant des soupes, potages, bouillons et autres veloutés.
À la condition que ceux-ci soient de saison et français.
On évite les courgettes, on préfère le potimarron, on oublie les tomates et on choisit du cresson et quelques pommes de terre. Ou du céleri, des poireaux.
On cherche le petit drapeau bleu, blanc, rouge qui confirme que le végétal ne vient pas de Pologne, d’Espagne ou de Nouvelle-Zélande.
On devient un peu chauvin, pour la bonne cause.
De la viande un peu moins souvent, du poulet de qualité, des légumineuses made in Normandie, des poissons dont on a oublié l’existence, merlu, lieu, maigre…
Et si le panier devient trop lourd, on teste, on invente. On caresse les blettes, on bichonne la carotte, on embrasse le chou-fleur. On cuisine au bon sens, économique, écologique et humain.
Car si l’amour est parfois dans le pré, la prospérité a depuis longtemps abandonné les foins.
On n’allait pas vous laisser aller plus loin sans revenir sur l’un des autres faits marquant de cette semaine.
L’implication de certains membres de l’UNWRA dans le pogrom du 7 octobre et son indulgente ambiguïté hamasienne.
Alors, bien sûr, s’il n’y a que 12 pommes infestées de vers, il ne saurait être question de jeter tout le potager. Mais quand des milliers de pommes applaudissent au soir du 7 octobre, qu’une pomme a retenu un otage, que de nombreuses pommes font partie des milices d’élite du Hamas et que sur les 1,17 milliards de dollars de subvention reçus en 2022, une bonne partie a servi à laver le cerveau des petites pommes de Gaza, il paraît légitime d’arrêter de financer la compote…
La France n’a pas encore tout à fait pris position, toute empêtrée qu’elle est avec ses propres pommes pourries.
Lire les excellents articles de Franc-Tireur sur la “complaisance” des ONG face à la montée de l’islam radical.
D’ailleurs, lire Franc-Tireur tout court. Pour l’intelligence des propos.
Clément Chéroux dirige la Fondation Henri Cartier-Bresson depuis fin 2022 et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’y connaît un peu en photographie américaine… Ancien Chief Curator of Photography au MoMA de New york et Senior Curator au San Francisco MOMA, il est historien de la photographie et docteur en histoire de l’art.
On lui doit, avec Pierre Leyrat, les deux excellentes et troublantes expositions qui viennent tout juste d’ouvrir leurs portes.
Weegee, né Usher Felig le 12 juin 1899, dans une famille juive de Galicie, immigre aux Etats-Unis à 11 ans. Au bureau d’immigration d’Ellis Island, il devient Arthur Fellig et s’installe avec son père dans les quartiers pauvres du Lower East Side.
Photographe autodidacte, fasciné par les faits divers, il se branche sur la fréquence de la NYPD pour immortaliser les meurtres, les règlements de compte, les incendies, les accidents et collabore avec de quelques organes de presse new-yorkais.
Le photo-reportage devient son gagne-pain.
Petit à petit, son objectif glisse sur les corps pour s’intéresser aux truands, puis aux spectateurs.
Aux voyeurs, aux badauds de sang, au curieux des trottoirs, aux témoins des balcons.
Ce qui intéresse Weegee, c’est le syndrome de l’embouteillage à contre-sens, la fascination du public pour l’effroyable, l’attirance pour la tôle cassée et les larmes.
Weegee aura aussi photographié les artistes de cirque, les foules compactes sur les plages de Coney Island et les amoureux des cinémas. Les personnalités aussi, qu’il caricature façon filtres Snapchat, avec le pied de nez de celui qui observe ceux qui regardent.
Au sous-sol, un bel accrochage présente les clichés d’Alessandra Sanguinetti née à New York en 68 quand Weegee mourait, et élevée en Argentine de 1970 à 2003.
En 1999, alors qu’elle travaille sur le cycle de la vie et de la mort des animaux d’une ferme dans la campagne argentine, elle remarque deux cousines de 9 ans au physique singulier et différent.
Belinda et Guille vont marquer l’œuvre entière d’Alessandra qui les photographiera des années durant.
Guille et Belinda deviennent les collaboratrices de la photographe, elles se prêtent à sa scénographie, exposent leurs aspirations de jeunes filles et d’adolescentes, jouent à devenir des femmes.
The Black Cloud, 2001 Weegee Autopsie du Spectacle
Alessandra Sanguinetti Les aventures de Guille et Belinda
Fondation Henri Cartier-Bresson
79 rue des Archives 75003 Paris
Jusqu’au 19 mai 2024
La street food ne fait pas exception à la recherche de qualité, et si cela implique une inévitable montée des prix, cela permet aussi de se régaler de mets choisis sans s’attabler.
Pendant le Covid, la cheffe Beatriz Gonzales derrière les cuisines de Neva et de Coretta, avait mis en place une proposition de tacos raffinés à emporter.
Elle était retournée à ses fourneaux, avec l’idée de trouver une solution pérenne à ses délicieuses galettes de maïs. C’est chose faite avec Taco Mesa où l’on retrouve des tacos et des quesadillas de chipotle de très haute volée, dans un décor acidulé et joyeux tout orange.
Croquant épi de maïs mayo jalapeño, houmous de haricots noirs, addictif guacamole et chips de tortilla. Puis quatre choix de tacos (bœuf, porc confit et al pastor, veggie) proposés en combo x3 ou x4 (12,50€ /16,50€), accompagnés d’une petite sauce relevé et d’un jus de viande nappant.
Aaaaargh…… plus de arroz con leche…
Manifestation et piquet de grève…
Groot la Tourte, c’est le nom rigolo donné par Hugo Riboulet, vainqueur de Top Chef 2023, et Albane Auvray, candidate survoltée, et qui propose donc plutôt à emporter, des…tourtes.
Recettes originales et généreuses - la tourte individuelle au prix grand luxe de 15,90-17,90€ en nourrit plutôt deux - c’est bien goûtu, bien corsé, bien rebondi.
Réchauffées le soir selon les indications, et accompagnées d’une bonne salade verte, nos tourtes ont fait effet et bien nourri leur monde.
On regrettera l’accueil un peu sec-blasé et le petit jus aux oignons brûlés absolument délicieux, mais facturé 1,50€ en plus.
On attend avec impatience le renouvellement des recettes pour y refaire un toor.
Taco Mesa
40 rue du Faubourg Poissonnière, 75010 Paris
Midi et soir, fermé dimanche
Groot la tourte
34 rue Saint Sauveur 75002 Paris
Du mardi au samedi jusqu’à 16h
Qasti, ce sont les bébés du chef libanais étoilé Alaan Geam qui depuis quelques années multiplie les ouvertures et les concepts.
Après avoir trusté la rue Saint Martin (shawarma, faurn, épicerie, bistrot…), il change de quartier et ouvre rue des Jeuneurs, un restaurant 100% végétal, Qasti Green, orchestré en cuisine par sa nièce Zeinab Hachem.
Et franchement, on s’est régalé et pas seulement du sourire de xxx le responsable, et de la play-list éclectique (à retrouver sur Spotify).
Les fatayers aux épinards et pignons n’ont rien à voir avec ceux des traiteurs libanais dits classiques.
Les daoud bacha, boulettes habituellement à la viande, sont ici aux lentilles et délicieusement fondantes.
Le soudjouk, saucisse épicée qui accompagne le houmous est remplacé par le haloumi et les champignons. Les autres spécialités libanaises viandardes, shawarma, makaneks, chiche barak sont intelligement retravaillées aux légumes.
Une ligne de conduite qui rejoint notre premier édito, et rappelle les origines modestes du chef pour qui la viande était un luxe inabordable.
Le resto vient d’ouvrir, mais il est déjà rempli d’odeurs et de douceur.
Aaaargh, il manquait le malabieh au pamplemousse et on adore le malabieh (blanc manger).
Une bonne raison de repasser.
Quasti Green
41 rue des Jeuneurs 75002 Paris
Ouvert tlj midi et soir, brunch dimanche
Mezzés 8-14€