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Par Karine Salomon
23 articles
9 nov. · 3 mn à lire
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Pas les mots

On cherche les bons, on sort moins et on mange des sandwichs


J’adore cette expression “je n’ai pas les mots”.
Quand un truc est tellement beau qu’on n’a “pas les mots”.
Quand c’est tellement bon qu’on n’a toujours “pas les mots”.
Aujourd’hui, je n’ai pas les mots, mais ce n’est ni dans le registre du beau, ni du bon.

Je n’ai pas les mots, et existent-ils seulement, pour qualifier les horreurs perpétrées le 7 octobre et dont la violence et la barbarie exterminatoires ne semblent pas avoir provoqué l’émotion durable qu’elles devraient humainement entraîner.

Je n’ai pas les mots pour celles et ceux qui arrachent, écume aux lèvres, les posters des otages, acte de pseudo-bravoure de petits merdeux ignorants, sous prétexte de solidarité avec le peuple palestinien, otage des mêmes geôliers.

Je n’ai pas les mots pour les influenceurs de merde, les fouteurs de haine, les commentateurs à deux balles et les humoristes en fin de course, qui se moquent de l’innommable.

Je n’ai pas les mots pour Björk qui partage des cartes historiquement fausses - même Wikipédia fait mieux - et récoltent 500,000 likes. Car oui Björk, au risque de te déplaire, avant 1948, il y avait bien des Juifs et des Arabes qui vivaient sur le territoire de la Palestine alors sous mandat britannique (en savoir plus ici).
Et pas les mots pour les ONG, les mouvements féministes, les mouvements homosexuels si lourdement silencieux le 8 octobre et si revendicateurs depuis. Queer et juif, féministe et juive, humanitaire et juifs seraient-elles des associations insupportables…

Je n’ai pas les mots pour ces médias emblématiques américains (NYT, CNN…) qui, sous couvert de défendre la cause palestinienne - totalement défendable par ailleurs - manquent cruellement de discernement et de nuance. Et depuis ce matin cautionneraient le travail de photographes présents sur les lieux des massacres à l’aube du 7 octobre, avec les terroristes.

Je n’ai pas les mots pour cette population palestinienne, trahie et oubliée par des pays arabes indifférents, et à juste titre frileux de voir débarquer sur leurs territoires des islamistes inhumains.

Je n’ai pas les mots pour l’ignorance et le révisionnisme.
Pour le raccourci sommaire et couillon entre gouvernement israélien - démocratiquement élu et copieusement critiqué par sa population et par les Juifs du monde entier - haine d’Israël et haine des Juifs.
Pas les mots quand je prends connaissance d’un récent sondage qui montre que 26% des Français jugent que les “Juifs ont trop de pouvoir dans la finance” et que 10% croient encore qu’ils sont “responsables des crises économiques” - et des bouleversements climatiques sans doute.

Je n’ai pas les mots pour les raclures qui appellent à ne pas participer dimanche à une marche républicaine et universelle, et se fendent de tweets dont l’antisémitisme n’est même plus masqué.

Le monde n’est pas tombé sur la tête, il est tombé sur les Juifs…

J’ai les mots en revanche pour vous remercier.
De votre fidélité, de votre fraternité et de votre intelligence.


Les papilles amères, je ne goûte que peu en ce moment au plaisir d’aller au restaurant, mais comme manger c’est la vie, voici une petite sélection de mes récents repas rapides. Roboratifs, originaux et délicieux.

Si le terme sandwich est attribué à John Montagu, quatrième Comte de Sandwich, qui en 1772, se serait fait servir des tranches de viande et de fromage enfermées dans du pain pour ne pas interrompre une partie de cartes, on retrouve des traces de ce fameux encas de pain depuis bien plus longtemps.

Les paysans puis les ouvriers y avaient souvent recours, c’était un moyen pratique, peu cher et roboratif pour se rassasier.
On trouve même des références au sandwich en 110 avant JC. Ils étaient alors constitués de pain azyme garni de végétaux et d’herbes.
On vous le dit, ils sont partout…

Chanceux

Déjà présent rue Saint Maur, Thomas Lehoux (co-fondateur de Ten Belles et de la Brûlerie de Belleville) et Farah Laacher, viennent d’ouvrir leur coffee shop/sandwicherie un peu à l’écart du brouhaha touristique des quais germanopratins.
La déco canon, blanc et pierres apparentes, nous transporte direct à Londres. Et si ça parle anglais à tous les comptoirs, les sandwichs sont eux cosmopolites. Du schnitzel crousti-fondant, à la panisse smashée, du pickled beef au tuna mix à l’aneth, les garnitures sont travaillées et les pains choisis entre buns, focaccia, pain de seigle.

Chauds ou froids, les sandwichs sont délicieux et gargantuesques.
Très bon café Muda, à accompagner d’un muxu (croquant) basque aux noisettes.
Une top adresse pour se poser et prendre un peu de distance - service ultra sympa.
(rue Galande 5e)


Pin Pan

Derrière ce sandwich argentin immangeable en public se cachent Anne-Louis et Natalia, heureux propriétaires de la pizza argentine Paris Boca où la tranche de Fugazetta Rellena, mozza et oignons, triple ton cholestérol et ton indice de contentement.
Ils récidivent donc avec autant de
générosité et de marqueurs sud-américains dont un burger dément imaginé avec Alex de Blosson burgers.
Echine de porc hachée, agneau effiloché, boeuf mariné, et même un végétarien, tout sent la sauce asado fumée, la chimichurri, les tomates confites, les oignons frits et les piquillos.
Le patato bun, d’une tendreté régressive, colle aux dents et c’est hot juste comme il faut.
On s’en est mis absolument partout, mais on s’est régalé.

(rue Taitbout 9e)

Gido

Sandwichs créatifs et haut de gamme conçus par Guillaume Gil et les équipes de Colorova - qui vient d’ailleurs de se refaire une beauté - connu pour sa bistronomie de caractère et ses très bons gâteaux.
Le thon s’associe à l’aubergine confite, le smash se pare de sauce teriyaki, pickles de poivron et confiture de piment, et l’omelette japonaise de scarmoza, pousse de moutarde, pickles de fenouil et sauce miel.
De quoi tenir l’aprem, même si le rendu n’est pas tout à fait celui des photos insta.
Petites douceurs de grande qualité.
À noter un prix attractif spécial étudiant à 12€ sandwich et dessert ou boisson – Ferrandi est en face.
(rue de l’Abbé Grégoire - 6e)

Les papidwichs

En matière de sandwich baguette, Garni (17e) reste la valeur très sure de l’ultra-garni aux ingrédients sourcés et son poulet effiloché est légendaire.
Idem pour Interfabric (17e), pas les mots.

Norma (9e) est aussi bon côté salé que sucré, son egg buns est un must. Son PBJ aussi.
Cela fait trois fois qu’on en parle, vous avez du saisir notre attachement.

Les sandwichs végétariens de Plan D (10e) conçus par couleur, ont conquis les carnivores et les gourmands du Canal. Leur sundae aussi.

Cheesecake japonais, un nuage de douceur pour tout oublier

160g de Philadelphia
80g de sucre (50g avec le beurre et 30g avec les blancs d’œufs pour la meringue)
80g de lait
40g de beurre
4 œufs 
32g de farine
20g de maïzena
Zeste d’un demi-citron
1/2 gousse de vanille
1 pincée de sel

Préchauffer le four en mode sole / voute (pas en chaleur tournante) à 200 degrés - c’est long.

Faire fondre le beurre avec 50g de sucre, la 1/2 gousse de vanille et le zeste de citron au bain-marie et mélanger au fouet jusqu’à obtenir un mélange homogène et lisse. Au bout d’une minute ou deux, le sucre fond et le mélange ressemble un peu à une crème.
Incorporer le Philadelphia, toujours au fouet jusqu’à obtenir un mélange homogène et lisse. A ce stade, on dirait une mayo…
En dehors du feu, rajouter le lait, et les jaunes d’œufs, un à un, puis la farine, la maïzena et le sel.
Monter les blancs en meringue avec 30g de sucre et incorporer dans le mélange.

Chemiser les bords d'un moule à manquer de 20-22 cm avec du papier sulfurisé et protéger le bas avec du papier aluminium, avant de placer le moule dans un plat avec un peu d’eau (2cm environ).

Faire cuire à 200 degrés pendant 20 min, puis à 140 degrés pendant 40 min, puis laisser dans le four éteint pendant 30 min.

Laisser refroidir et saupoudrer de sucre glace.