Des satisfaits, une douce pénombre, et du cacao.
Depuis les élections, on nage en pleine École des Fans. Tout le monde a gagné, tout le monde a 10, tout le monde est satisfait. C’est la fiesta à droite, l’euphorie à gauche, l’extase chez LFI et l’allégresse au RN.
Pourtant, à y regarder d’un peu plus près, les enseignements de ce scrutin local confirment la polarisation, la sectorisation et l’extrême segmentation des votes.
La droite traditionnelle sort vainqueuse en nombre de voix, mais rate le coche dans certaines grandes villes. Le RN progresse et s’installe dans les campagnes, mais se prend quand même quelques raclées. Le PS séduit les citadins, mais peine à convaincre les abstentionnistes de gauche embarrassés par les retournements de vestes incessants. LFI peut se vanter d’avoir chopé quelques mairies rose layette ou rouge pivoine, mais souffre encore de sa radicalité, de son agressivité et de ses obsessions communautaires. Renaissance fait dans le “en même temps” sans séduire grand monde, et la veste verte est la seule vraie perdante du scrutin, trop absorbée par les plateaux télé au lieu de porter les sujets d’environnement pourtant bien sérieux et préoccupants.
On pourra faire mine d’être rassuré, ou au contraire être déçu, voire inquiet, ce fouillis politique n’augure rien de très joyeux pour l’année prochaine. La campagne - qui a débuté dimanche à 20 heures - s’annonce hargneuse et féroce et l’élection aussi incertaine qu’angoissante.
Espérons que nos candidats parlent programme plus qu’équation, réalité plus qu’idéologie, et qu’ils aillent sur le terrain affronter les critiques et répondre aux exigences.
Une exposition rayonnante qui permet d’admirer toute l’étendue et la diversité de la collection Pinault.
Car cette sélection d’une centaine d’œuvres ne parle pas seulement de lumière et de pénombre, mais de perception, d’imagination, de confusion. Les peintres et sculpteurs modernes voisinent avec les artistes contemporains ; les fenêtres de la Bourse ont été embuées ou assombries, plongeant le visiteur dans un demi-jour apaisant.
Il faut vraiment prendre le temps de visionner les très bonnes vidéos qui enrichissent l’exposition.
Dans la Rotonde, sur un écran géant à la définition prodigieuse, le film Camata de Pierre Huyghe est méditatif. Il faut qu’on vous raconte : l’artiste découvre un squelette dans le désert d’Atacama, au Chili. Autour de cette mystérieuse découverte, il installe des bras et robots mécaniques dont les mouvements sont alimentés par des panneaux solaires et générés par apprentissage automatique. Pierre et son équipe filment pendant des heures, de jour comme de nuit, ce ballet mortuaire, futuriste, symbolique et appliqué. Les images sont ensuite éditées en temps réel par des algorithmes sensibles, notamment aux variations de l’espace : son, température… Le montage est technologiquement aléatoire, inattendu, et se réinvente sans cesse.
Au sous-sol, place à un autre film qui mérite qu’on s’y attarde : La Quinta del Sordo (Le Domaine du Sourd), de Philippe Parreno. Il filme au plus près, en hyper gros plan, à la lueur d’une bougie imaginaire et au son d’une bande-son inquiétante, les effrayantes et sublimes « Peintures noires » de Goya, alors devenu sourd et psychologiquement diminué.
Dubuffet, Yves Tanguy, Victor Mann, Bill Viola, Bruce Naumann, Wolfgang Tillmans, Danh Vo, Bruce Conner et d’autres ornent les espaces d’exposition. La pièce réservée à l’œuvre monumentale de Sigmar Polke, Axial Age, imaginée pour la Biennale de Venise en 2007, ressemble à une sorte de chapelle énigmatique. Évidemment, on ne manquera pas de se prendre en photo devant l’immense rideau outrageusement doré de James Lee Byars, érigé en une espèce de temple moderne.
Je ne peux que vous conseiller de scanner les QR codes disposés à l’entrée de chaque salle : ils commentent la visite et l’enrichissent. Une exposition captivante.
Clair-Obscur
Bourse de Commerce
Jusqu’au 24 août 2026
Le privilège d’un chocolat de très grande qualité, c’est qu’il est délicieux … et cher. Et comme il est cher, il se déguste avec parcimonie, patiemment, petit morceau par petit morceau. Il faut donc avoir dans son tiroir un chocolat de décompression et un chocolat de ravissement.
Pour la décompression, je ne peux que vous re-re-reconseiller Gilles Cresno, dont le rapport qualité-gourmandise-prix est dingue. Absence de marketing, packaging simple, recettes classiques, on se rue sur ses petits œufs pralinés.
Pour la haute couture, je ne vous re-re-représente plus le chocolat Plaq, intense, fruité, acidulé.
Créativité, sourcing exigeant, transformation rigoureuse et parisienne… chaque saison est l’occasion de se régaler des nouveaux œufs de Plaq, ravissants et délicats. Cette année, place au Kawaii coloré et stylisé, plus choupi tu meurs.
Pour un autre style de mignonnerie, on file chez William Artigue. Sa loutre, accompagnée cette année de son mouton, est tellement chou qu’il est possible qu’on n’ait pas le courage de les briser pour les manger. On citera aussi les Poussinos d’Encuentro, petites bouchées trognonnes, fourrées pistache, noisettes ou sésame noir.
Pour la beauté, l’énergie et la gourmandise, on se précipite sur les deux merveilles de Pâques de Carrés Sauvages qui nous régale de recettes peu sucrées, bonnes pour le moral et le teint.
Au choix — ou pas — la boîte de quatre Peanut Butter Eggs (Grand Cru 85%, praliné cacahuète), et le gros œuf Peau Radieuse (chocolat noir 80%, praliné pécan tonka, collagène marin Naticol, Ceramosides oil).
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Eh ouais :)
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